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Comment maîtriser l’alimentation des chevaux pour une santé optimale

Comment maîtriser l'alimentation des chevaux pour une santé optimale

L’alimentation des chevaux constitue l’un des piliers fondamentaux des soins pour chevaux : le guide complet pour des pratiques optimales. Une nutrition équine maîtrisée conditionne directement la santé, la performance et la longévité de l’animal. Qu’il s’agisse d’un cheval de sport de haut niveau, d’un reproducteur en haras ou d’un équidé de loisir, chaque ration doit être pensée avec précision. Ce guide approfondi vous accompagne dans la compréhension des besoins nutritionnels essentiels, la sélection des fourrages adaptés, la gestion des problèmes alimentaires courants et les stratégies d’hydratation indispensables. Éleveurs, vétérinaires et professionnels de la santé animale y trouveront des repères concrets pour optimiser chaque aspect de la ration quotidienne de leurs équidés.

Introduction à l’alimentation équine

Comprendre les fondements de la nutrition équine

Importance d’une alimentation équilibrée

Impact sur la santé et la performance

L’alimentation équilibrée du cheval influence directement l’ensemble de ses fonctions biologiques : immunité, métabolisme énergétique, intégrité musculaire et capacité de récupération après l’effort. Un déficit ou un excès nutritionnel se traduit rapidement par des signes cliniques observables — perte de poids, affaiblissement du pelage, fragilité osseuse ou baisse de performance sportive. Pour les professionnels de la santé animale, identifier ces signaux précoces est essentiel afin d’intervenir avant que des pathologies chroniques ne s’installent. Une ration journalière bien construite constitue la première barrière préventive contre de nombreuses affections équines.

Les chevaux de sport soumis à des entraînements intensifs présentent des besoins énergétiques considérablement plus élevés que les équidés de loisir ou en retraite. Cette différence impose une évaluation régulière de la condition corporelle à l’aide de grilles standardisées, comme l’échelle de Henneke, qui permettent d’ajuster objectivement les apports sans se fier uniquement à l’aspect visuel. Un suivi rigoureux et documenté, partagé entre l’éleveur et le vétérinaire équin, garantit la cohérence du programme nutritionnel sur le long terme et prévient les dérives liées à des ajustements empiriques non raisonnés.

Besoins nutritionnels fondamentaux des chevaux

Protéines, vitamines et minéraux essentiels

Le cheval est un herbivore monogastrique dont l’appareil digestif est conçu pour une ingestion continue de fourrages grossiers. Ses besoins nutritionnels se déclinent autour de six grandes catégories : l’eau, l’énergie (sous forme de glucides et de lipides), les protéines, les minéraux macroéléments, les oligoéléments et les vitamines. Chacun de ces composants joue un rôle irremplaçable dans le maintien de l’homéostasie physiologique. Les carences ou excès prolongés dans l’une de ces catégories provoquent des déséquilibres systémiques pouvant engager le pronostic vital de l’animal.

Les protéines, et plus précisément les acides aminés essentiels comme la lysine, la méthionine et la thréonine, sont indispensables à la synthèse musculaire et à la réparation tissulaire. Le calcium et le phosphore doivent être fournis dans un rapport précis (entre 1,5:1 et 2:1) pour préserver la densité osseuse, particulièrement chez les poulains en croissance. Le sélénium, le zinc et le cuivre participent à l’intégrité des tendons, des sabots et du système immunitaire. La vitamine E, souvent déficiente dans les foins stockés, joue un rôle antioxydant majeur pour les chevaux soumis à l’effort physique intense.

  • Énergie : apportée principalement par les glucides structuraux du fourrage, les céréales et les huiles végétales
  • Protéines : luzerne, soja, féverole — sources riches en acides aminés essentiels
  • Calcium & Phosphore : ratio à surveiller impérativement (1,5:1 à 2:1)
  • Magnésium : rôle clé dans la fonction nerveuse et musculaire
  • Sélénium : antioxydant, à doser avec prudence (toxicité possible en excès)
  • Vitamine E : souvent à supplémenter chez les chevaux au foin exclusivement
  • Biotine : essentielle à la qualité du sabot et de la corne
  • Vitamines du groupe B : synthétisées partiellement par la flore caecale, mais à supplémenter sous antibiotraitements prolongés

À retenir

Le cheval doit ingérer au minimum 1,5 % de son poids vif par jour en matière sèche de fourrage pour maintenir un transit digestif sain et prévenir les ulcères gastriques. En dessous de ce seuil, les risques de coliques, de stéréotypies et de troubles comportementaux augmentent significativement.

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Soins pour chevaux

Principes de base pour une alimentation saine

Fourrage, concentrés et compléments : les bons choix au quotidien

Choisir les bons types de fourrage

Foin vs pâturage

Le fourrage constitue la base incontournable de toute ration équine. Il peut se présenter sous deux formes principales : le pâturage frais, consommé directement en prairie, et le foin séché, distribué en écurie ou en box. Le pâturage offre une richesse nutritionnelle supérieure en vitamines et en composés bioactifs, mais sa composition varie considérablement selon la saison, la nature des espèces graminéennes et légumineuses présentes, ainsi que les conditions pédoclimatiques. Au printemps, l’herbe jeune et riche en fructanes peut déclencher des fourbures chez les animaux prédisposés — une vigilance accrue s’impose donc lors des transitions saisonnières.

Le foin, quant à lui, présente l’avantage de la standardisation relative : une analyse fourragère annuelle permet d’en connaître précisément les teneurs en matière sèche, en protéines brutes, en énergie nette et en minéraux. Cette analyse est un outil décisionnel indispensable pour le vétérinaire nutritionniste qui souhaite formuler une ration précise. La qualité du foin dépend du stade de coupe (idéalement début d’épiaison), des conditions de séchage et des conditions de stockage : un foin mal stocké peut développer des moisissures productrices de mycotoxines, sources de troubles digestifs et respiratoires graves.

Principes de base pour une alimentation saine des chevaux

Compléments alimentaires : quand et pourquoi ?

Identifier les besoins spécifiques

Les compléments alimentaires ne se substituent jamais à une base fourragère de qualité, mais ils viennent combler des lacunes nutritionnelles spécifiques identifiées par analyse biologique ou observation clinique. L’indication d’un complément doit toujours reposer sur un diagnostic précis : une supplémentation empirique et non ciblée peut créer des déséquilibres, notamment dans les rapports calcium/phosphore ou cuivre/zinc. Le recours systématique à des mélanges minéraux et vitaminés de couverture large est justifié uniquement lorsque l’analyse fourragère révèle des déficits multiples.

Certaines situations particulières légitiment une supplémentation ciblée : les chevaux en fin de gestation ou en lactation présentent des besoins accrus en calcium, en magnésium et en vitamine D. Les chevaux de sport en période d’entraînement intensif bénéficient d’apports supplémentaires en électrolytes (sodium, potassium, chlore) pour compenser les pertes sudorales. Les animaux âgés dont l’efficacité digestive diminue peuvent nécessiter des apports protéiques plus concentrés. Dans tous les cas, la décision de complémenter doit être documentée, réévaluée à intervalles réguliers et coordonnée avec le vétérinaire équin référent.

Critère Pâturage frais Foin séché
Richesse en vitamines Élevée (vitamine E, bêtacarotène) Réduite après séchage et stockage
Teneur en eau Très élevée (70–85 %) Faible (10–15 %)
Homogénéité nutritionnelle Variable (saison, espèces) Stable si analysé
Risque de fourbure Élevé au printemps (fructanes) Faible (selon la coupe)
Disponibilité hivernale Limitée ou nulle Continue si stocké correctement
Coût de production Faible en saison Variable selon qualité et origine

Bon à savoir

La transition entre deux sources de fourrage (pâturage → foin ou inversement) doit toujours être progressive sur un minimum de 10 à 14 jours. Un changement brutal modifie la flore microbienne du côlon et du caecum, augmentant significativement le risque de coliques de fermentation et de diarrhées osmotiques.

Adapter l’alimentation selon l’âge et l’activité

Poulains, adultes actifs et seniors : des besoins distincts à chaque étape

Adapter l'alimentation du cheval selon l'âge et l'activité

Alimentation des poulains et jeunes chevaux

Transition du lait au fourrage

Le poulain naît avec un système digestif adapté exclusivement à la digestion du lait maternel. Durant les premières semaines de vie, le colostrum apporte les immunoglobulines protectrices essentielles, et le lait de jument couvre l’intégralité des besoins nutritionnels de l’animal. Dès la deuxième semaine, le poulain commence à s’intéresser au fourrage consommé par sa mère — une exploration comportementale qui amorce progressivement la colonisation bactérienne de son système digestif. Cette période de curiosité alimentaire ne doit pas être entravée : elle prépare le microbiome intestinal à la future transition vers une alimentation solide.

Le sevrage, généralement pratiqué entre 4 et 6 mois, marque une rupture nutritionnelle majeure. Une ration de sevrage bien formulée doit assurer un apport suffisant en protéines de haute valeur biologique (lysine en priorité), en calcium, en phosphore et en oligo-éléments pour soutenir la croissance osseuse et musculaire rapide. Les aliments de croissance industriels spécifiquement formulés peuvent constituer un complément précieux au fourrage de qualité, à condition de respecter scrupuleusement les doses recommandées pour éviter les troubles locomoteurs liés à une croissance trop rapide.

Régime alimentaire pour chevaux adultes actifs

Ajuster les rations pour l’effort

Le cheval adulte soumis à un travail régulier présente des besoins énergétiques qui peuvent être multipliés par deux à quatre par rapport à un équidé au repos, en fonction de l’intensité et de la durée des efforts fournis. La ration de base en fourrage reste la colonne vertébrale incontournable, mais elle doit être complétée par des concentrés énergétiques lorsque les apports fourragers seuls ne suffisent plus à couvrir les dépenses caloriques. L’avoine, l’orge, le maïs et les aliments composés granulés ou en cubes constituent les compléments concentrés les plus fréquemment utilisés, avec des profils glucidiques différents à connaître.

Pour les disciplines d’endurance ou les compétitions de saut de haut niveau, l’alimentation lipidique (huile de lin, huile de colza) peut représenter une source d’énergie dense et peu fermentescible, réduisant le risque de troubles digestifs liés aux excès de concentrés glucidiques. Il est impératif de ne jamais distribuer une ration concentrée importante juste avant un effort : l’insulinorésistance post-prandiale et la compétition intestinale entre digestion et effort physique peuvent précipiter des coliques. La règle de base veut qu’un minimum de deux heures s’écoule entre la prise alimentaire et le début du travail.

  • Chevaux de loisir (travail léger) : fourrage à volonté, minéraux de couverture, pas de concentrés si la condition corporelle est bonne
  • Chevaux d’obstacle ou de dressage (travail modéré) : fourrage + concentrés céréaliers en ration fractionnée, 2–3 fois par jour
  • Chevaux d’endurance (travail intensif) : ration énergétique dense, intégration de lipides, électrolytes post-effort
  • Juments gestantes : augmentation progressive des apports en calcium, magnésium et énergie à partir du 8e mois
  • Juments allaitantes : besoins énergétiques et protéiques maximaux durant les 3 premiers mois post-partum
  • Chevaux seniors (> 18 ans) : aliments de texture adaptée, protéines plus digestibles, supplémentation en vitamines B et E

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Soins pour chevaux : trouvez le bon équipement

Gestion des problèmes alimentaires courants

Coliques, fourbure, obésité : reconnaître, prévenir et agir

Reconnaître et prévenir les coliques

Signes avant-coureurs et mesures de prévention

Les coliques représentent la première cause de mortalité chez le cheval adulte et constituent l’urgence vétérinaire la plus redoutée par les professionnels de la filière équine. Dans une proportion significative des cas, un facteur alimentaire est directement impliqué : changement brutal de ration, excès de concentrés glucidiques, qualité insuffisante du fourrage, ou encore restriction hydrique. La prévention passe avant tout par la stabilité et la régularité de l’alimentation, la distribution fractionnée des concentrés et le maintien d’un accès permanent à l’eau. Les éleveurs doivent également surveiller attentivement la qualité de l’eau proposée : une eau contaminée, trop froide ou d’odeur désagréable peut entraîner une réduction volontaire des apports hydriques et favoriser les impactions coliques.

Les signes cliniques précoces de colique digestive incluent l’agitation inexpliquée, le grattage du sol, les regards vers le flanc, la position de micturition, la diminution ou l’arrêt du transit fécal et la tachycardie. Face à ces symptômes, la consultation vétérinaire ne doit jamais être différée. Un diagnostic précoce permet de distinguer les coliques simples traitables médicalement des torsions ou déplacements intestinaux nécessitant une intervention chirurgicale d’urgence. Le praticien équin — terme exact pour désigner le vétérinaire spécialisé dans les soins aux équidés — dispose d’outils diagnostiques précis (auscultation, rectal, sondage nasogastrique, échographie) pour orienter rapidement la prise en charge.

Gestion des problèmes alimentaires courants chez le cheval

Obésité chez le cheval : causes et solutions

Plan alimentaire pour la perte de poids

L’obésité équine est une problématique de santé publique vétérinaire en constante progression dans les pays occidentaux, notamment en raison de l’augmentation du nombre de chevaux de loisir recevant des rations inadaptées à leur niveau d’activité réel. Un cheval obèse ou en surpoids (score de condition corporelle supérieur à 7 sur l’échelle de Henneke) est exposé à des risques majeurs : fourbure chronique, résistance à l’insuline, syndrome métabolique équin, arthrose précoce et pathologies respiratoires. Le diagnostic repose sur l’évaluation systématique de la condition corporelle et idéalement sur un bilan sanguin incluant la mesure de l’insulinémie basale.

La prise en charge nutritionnelle d’un cheval obèse requiert une réduction progressive des apports caloriques, en priorité par la limitation quantitative du fourrage (jamais en dessous de 1,5 % du poids vif en matière sèche pour préserver le transit) et la suppression totale des concentrés non indispensables. L’utilisation de filets à foin à mailles fines ralentit l’ingestion et prolonge la durée d’occupation, limitant ainsi les comportements d’ennui et d’agressivité. L’augmentation progressive de l’activité physique, coordonnée avec la restriction alimentaire, constitue la combinaison la plus efficace pour atteindre un objectif pondéral raisonnable sans induire de désordres métaboliques secondaires.

Principaux facteurs de risque alimentaires à surveiller :

  • Accès illimité à des pâtures de printemps riches en fructanes
  • Distribution de concentrés inappropriée au niveau d’activité réel
  • Fourrage de mauvaise qualité conduisant à une surconsommation compensatoire
  • Absence d’évaluation régulière de la condition corporelle
  • Méconnaissance du contenu énergétique des aliments distribués
  • Stress chronique favorisant les comportements d’hyperphagie

Stratégies d’hydratation et de distribution des repas

L’eau et la régularité des repas au cœur de la santé digestive équine

Importance de l’eau dans l’alimentation

Optimiser l’accès à l’eau

L’eau représente le nutriment le plus vital de la ration équine. Un cheval adulte de 500 kg consomme en moyenne entre 25 et 45 litres d’eau par jour au repos, une quantité pouvant doubler ou tripler lors d’efforts intenses ou en période de forte chaleur. La moindre restriction hydrique, même partielle, entraîne une réduction de la motilité intestinale, une augmentation de la viscosité du contenu colique et une prédisposition accrue aux impactions. L’accès à l’eau doit donc être permanent, en quantité illimitée, et la qualité de l’eau vérifiée régulièrement : turbidité, pH, présence de nitrates, de bactéries et de métaux lourds sont des paramètres à contrôler, notamment pour les points d’eau naturels ou les abreuvoirs collectifs.

Les abreuvoirs automatiques à niveau constant garantissent la disponibilité permanente de l’eau et facilitent la surveillance des consommations individuelles. En hiver, la température de l’eau influence directement les quantités ingérées : un cheval préfère l’eau à température ambiante (autour de 10–15 °C) à une eau glaciale, ce qui peut conduire à une déshydratation relative lors des périodes de grand froid. Des abreuvoirs chauffants ou thermostatés constituent une solution pertinente dans les régions à hivers rigoureux. Les blocs de sel à lécher à disposition permanente stimulent également la soif et contribuent à maintenir une consommation hydrique adéquate.

Techniques pour encourager une alimentation saine

Fréquence et distribution des repas

L’estomac du cheval est un organe relativement petit (8 à 15 litres de capacité) qui sécrète en continu de l’acide chlorhydrique, indépendamment de la présence ou non d’aliments. Cette particularité physiologique impose une alimentation fractionnée et continue pour éviter l’acidification prolongée de la muqueuse gastrique, principal facteur de développement des ulcères gastriques équins (EGUS — Equine Gastric Ulcer Syndrome). Contrairement aux ruminants, le cheval n’est pas conçu pour recevoir deux grandes rations quotidiennes : le fractionnement en au moins 3 à 4 distributions par jour, ou mieux, l’accès permanent à du fourrage grossier, correspond bien mieux à sa physiologie naturelle de brouteur continu.

La distribution des concentrés doit systématiquement intervenir après celle du fourrage, jamais avant. Cette séquence garantit que l’estomac n’est pas vide lors de l’arrivée des concentrés et que le transit est déjà amorcé. Les mangeoires et les râteliers doivent être positionnés à hauteur de tête naturelle (proche du sol pour les râteliers), reproduisant la posture de pâture naturelle qui favorise le drainage des voies respiratoires et une déglutition correcte. Une hygiène rigoureuse des équipements de distribution — nettoyage quotidien des auges, inspection des filets à foin — réduit le risque de contamination fongique et bactérienne de l’alimentation, un aspect directement lié aux bonnes pratiques de soins pour chevaux décrites dans notre guide complet.

  • Règle des 3F : Fourrage d’abord, Fréquence des repas, Fraîcheur de l’eau — les trois piliers pratiques de la distribution quotidienne
  • Fractionnement des concentrés : ne jamais dépasser 2 kg de concentrés par repas pour un cheval de 500 kg
  • Séquence de distribution : fourrage → eau → concentrés (jamais l’inverse)
  • Surveillance du transit : vérifier quotidiennement la quantité et la consistance des crottins — indicateur direct de la bonne santé digestive
  • Propreté des équipements : nettoyage des auges et des abreuvoirs au minimum deux fois par semaine
  • Pesée des rations : toujours peser les aliments plutôt que les mesurer au volume — la densité varie considérablement selon les produits
  • Registre alimentaire : tenir un cahier de ration journalier facilite le suivi vétérinaire et l’ajustement des apports

À retenir

Une alimentation maîtrisée est indissociable d’un programme de soins vétérinaires global. La consultation régulière d’un vétérinaire équin — professionnel dédié à la santé des chevaux, parfois appelé hippiatre — permet d’ajuster la ration en fonction des bilans biologiques, de l’évolution de la condition corporelle et des pathologies intercurrentes. N’hésitez pas à consulter notre guide complet sur les soins pour chevaux pour intégrer la nutrition dans une approche holistique du bien-être équin.

Vos questions

FAQ — Alimentation et nutrition du cheval

01
Quelle quantité de fourrage faut-il donner à un cheval par jour ?
La règle de base recommande de fournir au minimum 1,5 % du poids vif du cheval en fourrage par jour, soit environ 7 à 9 kg de foin pour un cheval de 500 kg. Idéalement, la ration de base peut atteindre 2 % du poids vif pour couvrir les besoins en fibres et maintenir un transit digestif sain. Le fourrage doit toujours être distribué en plusieurs petits repas répartis sur la journée afin de respecter le fonctionnement naturel de l’appareil digestif du cheval, qui est conçu pour une ingestion continue. La qualité du foin (stade de coupe, taux de matière sèche, teneur en glucides solubles) est tout aussi importante que la quantité, et doit être évaluée en fonction du profil métabolique de l’animal.

02
Comment savoir si mon cheval est en surpoids ou sous-poids ?
L’évaluation de la condition corporelle (ECC) est l’outil de référence pour apprécier l’état d’engraissement d’un cheval. Elle repose sur la palpation et l’observation visuelle de zones anatomiques précises : l’encolure, le garrot, le dos, la croupe, les côtes et les épaules. L’échelle la plus utilisée va de 1 (émacié) à 9 (obèse), la zone idéale se situant entre 4 et 6 selon la discipline et le stade physiologique. Un score inférieur à 4 révèle une carence énergétique qui peut affaiblir les défenses immunitaires et les performances, tandis qu’un score supérieur à 7 expose à des risques métaboliques sérieux comme la fourbure ou le syndrome métabolique équin. Il est conseillé de faire évaluer régulièrement la condition corporelle par un vétérinaire ou un nutritionniste équin pour adapter la ration en conséquence.

03
Quels aliments sont dangereux ou toxiques pour le cheval ?
Plusieurs aliments courants sont formellement contre-indiqués chez le cheval : l’oignon et l’ail en grandes quantités peuvent provoquer une anémie hémolytique, tandis que les pommes de terre crues ou germées contiennent des solanines toxiques pour le système nerveux. Le pain, les pâtes et autres aliments fermentescibles à base de levure peuvent déclencher des coliques ou des fourbures par perturbation du microbiote caecal. Le yew (if commun), le laurier-rose, la séneçon et la digitale sont des plantes sauvages extrêmement toxiques susceptibles de se retrouver dans les pâtures ou le foin mal trié. Enfin, les aliments moissis ou fermentés, qu’il s’agisse de foin humide ou d’ensilage inadapté, peuvent contenir des mycotoxines responsables de troubles nerveux, hépatiques ou digestifs graves. En cas d’ingestion accidentelle d’une substance toxique, contactez immédiatement votre vétérinaire.

04
Les compléments alimentaires sont-ils vraiment utiles pour un cheval en bonne santé ?
Un cheval dont la ration est correctement équilibrée — fourrage de qualité, concentrés adaptés à l’effort, pâturage suffisant — n’a en théorie pas besoin de compléments alimentaires au quotidien. Cependant, certaines situations justifient un apport complémentaire ciblé : les pâtures pauvres en minéraux (zones géologiques carencées en sélénium, cuivre ou zinc), les périodes de stress intense (compétition, transport prolongé), la convalescence post-chirurgicale, la gestation ou la lactation. Les compléments articulaires (MSM, hyaluronide de sodium, collagène marin), les probiotiques et les vitamines liposolubles (A, D, E) sont couramment utilisés mais doivent être prescrits sur la base d’analyses sanguines pour éviter toute surdosage, notamment en vitamine D ou en sélénium, qui deviennent toxiques en excès. L’avis d’un vétérinaire équin reste indispensable avant toute supplémentation.

05
Comment adapter l’alimentation d’un cheval à l’effort sportif ?
L’adaptation alimentaire d’un cheval sportif repose sur l’évaluation précise de la dépense énergétique en fonction de la discipline, de la durée et de l’intensité des séances. Pour les efforts de courte durée et haute intensité (galop de course, saut d’obstacles), les glucides rapides issus des céréales (avoine, orge, maïs) constituent la principale source d’énergie musculaire, à condition d’être introduits progressivement pour éviter les déséquilibres du microbiote. Pour les efforts longs et modérés (endurance, randonnée), les lipides sont des carburants de choix : l’huile végétale (tournesol, lin) apporte une énergie “lente” très intéressante sans exciter l’animal. La ration de base en fourrage ne doit jamais être réduite au profit des concentrés, au risque d’induire une acidose caecale. Les besoins en eau augmentent significativement à l’effort : un cheval peut perdre entre 5 et 15 litres d’eau par heure d’exercice intense, rendant l’accès permanent à l’eau fraîche et propre indispensable.

06
Quelles précautions prendre lors d’un changement d’alimentation chez le cheval ?
Le tube digestif du cheval héberge un microbiote extrêmement sensible aux variations alimentaires : une modification brutale de la ration peut provoquer une dysbiose intestinale, conduisant à des coliques, une acidose caecale, voire une fourbure de surcharge. Tout changement alimentaire doit donc être progressif, étalé sur un minimum de dix à quinze jours, en introduisant le nouvel aliment par petites fractions croissantes tout en réduisant simultanément l’ancien. Cette règle s’applique aussi bien au passage d’un foin à un autre, à l’introduction d’un concentré, qu’à la mise à l’herbe printanière — cette dernière devant commencer par de courtes sessions quotidiennes d’une à deux heures avant d’atteindre un accès prolongé. En parallèle, il est recommandé de surveiller attentivement le transit (fréquence et consistance des crottins), l’appétit et le comportement de l’animal durant toute la période de transition.

07
Comment nourrir correctement un cheval âgé dont la digestion est moins efficace ?
Les chevaux âgés, généralement à partir de 18-20 ans, voient leurs capacités digestives se réduire progressivement : l’usure dentaire limite l’efficacité de la mastication, le transit ralentit et l’absorption des nutriments diminue, notamment pour les protéines, les lipides et certains minéraux. La ration doit être adaptée avec du fourrage haché ou des mashes (son de blé mouillé, betterave déshydratée réhydratée) qui compensent les difficultés de mastication du foin long. Les aliments complets pour seniors, formulés avec des protéines hautement digestibles (luzerne déshydratée, pulpe de betterave), sont particulièrement indiqués. Une surveillance rapprochée de la condition corporelle, des soins dentaires réguliers (râpage par un vétérinaire ou un technicien en dentisterie équine) et un suivi biologique semestriel permettent de détecter précocement toute carence ou pathologie associée au vieillissement.

08
Le sel et les minéraux sont-ils vraiment indispensables dans la ration équine ?
Le sodium et le chlore (sel) sont des électrolytes essentiels à la régulation de l’équilibre hydrique, de la pression osmotique et de la transmission nerveuse musculaire. Un cheval au repos perd chaque jour environ 10 à 20 g de sel via la transpiration et les urines, pertes qui augmentent considérablement lors de l’exercice ou par temps chaud. La mise à disposition permanente d’un bloc à lécher ou d’une pierre à sel est la méthode la plus simple pour couvrir ces besoins de façon spontanée. Au-delà du sel, le calcium, le phosphore, le magnésium, le zinc, le cuivre, le sélénium et l’iode jouent des rôles structuraux et enzymatiques irremplaçables ; leurs apports doivent être équilibrés car des déséquilibres (notamment un ratio Ca:P inversé) peuvent conduire à des problèmes osseux chroniques. Un bilan minéral réalisé par votre vétérinaire à partir d’analyses du fourrage et d’une prise de sang permet de personnaliser la supplémentation avec précision.

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