
La réglementation encadrant le produit vétérinaire cheval évolue constamment, et maîtriser ces exigences est aujourd’hui indispensable pour tout professionnel du secteur équin. Qu’il s’agisse de médicaments soumis à prescription, de dispositifs médicaux, de compléments alimentaires ou d’équipements de diagnostic, chaque catégorie répond à un cadre légal précis qui s’est encore densifié entre 2022 et 2023. Les obligations portent sur l’autorisation de mise sur le marché, l’étiquetage, la traçabilité des lots, les conditions de conservation et les responsabilités des détenteurs. Cet article propose un tour d’horizon complet des règles en vigueur, des sanctions encourues en cas de non-conformité, et des ressources disponibles pour rester à jour — afin de garantir en toutes circonstances la santé et le bien-être de vos chevaux.
Introduction à la réglementation des produits vétérinaires équins
Pourquoi la conformité réglementaire est-elle au cœur de la santé équine ?
Importance de la réglementation pour le bien-être équin
La réglementation des produits vétérinaires destinés aux équidés ne se réduit pas à une formalité administrative : elle constitue le socle sur lequel repose la sécurité sanitaire de l’ensemble de la filière équine. Un médicament mal autorisé, un complément alimentaire aux teneurs non contrôlées ou un équipement de diagnostic non certifié exposent directement l’animal à des risques iatrogènes, parfois irréversibles. Les propriétaires, éleveurs, vétérinaires et responsables de haras ont donc un intérêt commun à comprendre et à respecter ces exigences. La conformité n’est pas une contrainte supplémentaire, c’est une garantie concrète de la qualité des soins prodigués.
Le cheval occupe par ailleurs une position singulière en droit vétérinaire européen : il peut être destiné à la consommation humaine, ce qui soumet une grande partie des produits qui lui sont administrés à des délais d’attente stricts avant tout abattage. Cette particularité explique pourquoi la traçabilité des traitements et la tenue du carnet équin sont des obligations légales et non des recommandations de bonnes pratiques. Pour aller plus loin sur l’ensemble des dimensions de la santé équine, consultez notre guide complet sur le produit vétérinaire cheval.
Aperçu des changements récents (2022-2023)
La période 2022-2023 a été marquée par l’entrée en pleine application du Règlement européen (UE) 2019/6 relatif aux médicaments vétérinaires, entré en vigueur le 28 janvier 2022. Ce texte fondamental remplace la Directive 2001/82/CE et introduit des procédures d’autorisation centralisée renforcées, un encadrement plus strict de l’usage des antibiotiques chez l’animal et de nouvelles obligations de pharmacovigilance. Pour les équidés spécifiquement, l’annexe des substances essentielles pour le traitement des équidés a été révisée, ce qui modifie directement la liste des médicaments pouvant être utilisés hors AMM selon la cascade vétérinaire.
En France, l’Agence Nationale du Médicament Vétérinaire (ANMV), rattachée à l’ANSES, a publié en 2023 de nouvelles lignes directrices relatives à la déclaration des effets indésirables et au contrôle des dossiers d’autorisation de mise sur le marché (AMM) existants. Les vétérinaires praticiens comme les structures équestres ont ainsi dû adapter leurs procédures internes pour se conformer à ces nouvelles exigences, notamment en matière d’ordonnances sécurisées pour les médicaments soumis à prescription obligatoire.
Bon à savoir
Depuis le 28 janvier 2022, le Règlement (UE) 2019/6 s’applique dans l’ensemble des États membres. Il prévoit notamment que tout médicament vétérinaire autorisé dans au moins un État membre peut bénéficier d’une procédure de reconnaissance mutuelle simplifiée. Pour le praticien équin, cela signifie un accès potentiellement élargi à des spécialités vétérinaires disponibles chez des partenaires européens, sous réserve de vérification de leur statut réglementaire en France.
Nos produits
Matériels pour chevaux
Cadre légal des produits vétérinaires pour chevaux
Règlements européens, législations nationales et autorités compétentes
Principales législations en vigueur
Le droit applicable aux produits vétérinaires équins s’articule autour de plusieurs textes fondamentaux. Au niveau européen, le Règlement (UE) 2019/6 constitue désormais la référence centrale pour les médicaments vétérinaires, tandis que le Règlement (UE) 2019/4 encadre les aliments médicamenteux. Les compléments alimentaires relèvent quant à eux de la Directive 2002/32/CE sur les substances indésirables dans l’alimentation animale, croisée avec les règlements du paquet hygiène. Pour les dispositifs médicaux vétérinaires (équipements de diagnostic, matériel chirurgical), le cadre est moins uniformisé à l’échelle européenne, mais les normes CE et ISO demeurent des références incontournables.
Règlements européens vs règlements nationaux
L’architecture réglementaire repose sur une hiérarchie claire : les règlements européens à application directe priment sur les législations nationales. Toutefois, les États membres conservent une marge d’appréciation pour certains aspects, notamment les conditions de délivrance et de prescription. En France, le Code rural et de la pêche maritime (articles L. 5141-1 et suivants) transpose les directives et complète les règlements en définissant les conditions d’exercice de la pharmacie vétérinaire, les obligations de prescription et les règles de détention des médicaments en élevage. Pour les équidés non destinés à la consommation humaine, une dérogation documentée peut permettre l’utilisation de certaines substances via la cascade, mais cette option reste strictement encadrée.

Rôle des autorités de régulation
En France, la régulation des médicaments vétérinaires est assurée par l’ANMV (Agence Nationale du Médicament Vétérinaire), division spécialisée de l’ANSES. L’ANMV instruit les dossiers d’AMM nationaux, gère la pharmacovigilance vétérinaire, publie les listes de médicaments autorisés et coordonne les inspections des établissements fabricants ou distributeurs. Elle joue également un rôle actif dans la procédure centralisée européenne conduite par l’EMA (European Medicines Agency), en particulier pour les produits présentant un intérêt communautaire.
ANMV : missions et pouvoirs de contrôle
L’ANMV dispose de pouvoirs étendus : elle peut suspendre ou retirer une AMM en cas de signal de pharmacovigilance, imposer des modifications du résumé des caractéristiques du produit (RCP) et diligenter des inspections sur site. Les vétérinaires ont l’obligation légale de lui déclarer tout effet indésirable suspecté observé chez leurs patients équins, qu’il s’agisse d’un événement grave ou d’une absence d’efficacité inattendue. Cette obligation de pharmacovigilance, renforcée par le Règlement (UE) 2019/6, contribue à l’amélioration continue du profil de sécurité des produits commercialisés.
| Niveau | Texte de référence | Autorité compétente | Champ d’application |
|---|---|---|---|
| Européen | Règlement (UE) 2019/6 | EMA + autorités nationales | Médicaments vétérinaires |
| Européen | Règlement (UE) 2019/4 | EMA + DGAL | Aliments médicamenteux |
| National (FR) | Code rural L. 5141-1 et s. | ANMV / ANSES | Prescription, délivrance |
| National (FR) | Arrêtés ministériels spécifiques | DGAL / DGCCRF | Contrôles en exploitation |
Processus d’autorisation des produits vétérinaires
De la recherche préclinique à la mise sur le marché équine

Étapes clés pour l’obtention d’une autorisation
L’obtention d’une AMM pour un médicament vétérinaire destiné aux équidés suit un parcours rigoureux, identique dans son architecture quelle que soit la procédure choisie (nationale, décentralisée, reconnaissance mutuelle ou centralisée). Le dossier soumis à l’autorité compétente doit comporter une documentation complète en cinq parties : administrative, qualité (synthèse chimique, pharmaceutique et biologique), sécurité (études de toxicologie et d’innocuité pour l’utilisateur), efficacité (études cliniques chez l’espèce cible) et résumé du dossier. Pour les équidés, des données cliniques spécifiques à l’espèce sont obligatoires, car l’extrapolation depuis d’autres espèces est strictement limitée.
Une fois le dossier soumis, l’autorité compétente dispose d’un délai légal pour l’évaluer. La procédure nationale française dure en principe 210 jours, auxquels peuvent s’ajouter des délais de réponse aux questions de l’évaluateur. La procédure centralisée via l’EMA peut s’étaler sur 210 à 420 jours. À l’issue de l’évaluation, l’AMM est accordée, refusée ou assortie de conditions particulières. Les équipements de diagnostic, comme les tables d’échographie pour grands animaux, relèvent pour leur part de certifications techniques distinctes de l’AMM médicamenteuse.
Critères d’évaluation des produits
L’évaluation d’un dossier d’AMM repose sur le triptyque classique bénéfice/risque : le produit doit apporter un bénéfice thérapeutique démontré, présenter un profil de sécurité acceptable pour l’animal, l’utilisateur et l’environnement, et atteindre des critères de qualité pharmaceutique stricts. Pour un médicament équin destiné à des animaux pouvant entrer dans la chaîne alimentaire, la définition des limites maximales de résidus (LMR) dans les tissus et le calcul du temps d’attente correspondant constituent une étape obligatoire, supervisée conjointement par l’EMA et l’ANMV.
Sécurité et efficacité : les deux piliers de l’évaluation
Les études de sécurité comprennent des tests de tolérance locale et systémique chez le cheval, ainsi que des études de toxicité chez les espèces de laboratoire pour documenter les effets à des doses supra-thérapeutiques. Les études d’efficacité doivent être conduites selon des protocoles respectant les bonnes pratiques cliniques vétérinaires (BPCv), avec des effectifs suffisants et des critères d’évaluation validés. Le Règlement (UE) 2019/6 a renforcé les exigences relatives aux études d’efficacité en imposant systématiquement une comparaison avec le traitement de référence lorsqu’il en existe un. Pour compléter votre approche sur le choix des produits, consultez également notre guide sur choisir le bon produit vétérinaire pour votre cheval.
- → Qualité pharmaceutique : composition, stabilité, procédé de fabrication conformes aux Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF).
- → Innocuité pour l’animal : tolérance chez le cheval, absence d’effets indésirables graves à dose thérapeutique.
- → Sécurité pour l’utilisateur : fiches de données de sécurité, équipements de protection individuels recommandés.
- → Impact environnemental : évaluation des risques pour l’écosystème, notamment pour les antiparasitaires à large spectre.
- → Résidus et temps d’attente : LMR définies et temps d’attente calculé pour chaque tissu chez les équidés destinés à la consommation.
Conformité des produits vétérinaires : que vérifier ?
Étiquetage, conservation et traçabilité en pratique équine
Étiquetage et informations obligatoires
L’étiquetage d’un médicament vétérinaire autorisé est strictement encadré par le Règlement (UE) 2019/6. Chaque emballage doit mentionner : la dénomination du médicament et sa concentration, la forme pharmaceutique, les espèces cibles, le numéro d’AMM, la date de péremption, les conditions de conservation, le nom du titulaire de l’AMM et le numéro de lot. Pour les médicaments soumis à prescription, la mention “À délivrer uniquement sur prescription vétérinaire” est obligatoire. Toute modification de l’étiquetage, même mineure, doit faire l’objet d’une procédure de variation auprès de l’autorité compétente.
Au-delà des médicaments, les compléments alimentaires équins et les aliments médicamenteux sont soumis à des règles d’étiquetage spécifiques relevant de la législation sur les aliments pour animaux. Les mentions analytiques, les additifs autorisés et les lots de production doivent figurer sur les emballages selon des formats normalisés. Les professionnels achetant ces produits ont tout intérêt à vérifier systématiquement ces mentions avant toute utilisation, car une non-conformité de l’étiquetage signale souvent une problématique plus profonde dans le dossier du produit. Pour la gestion des administrations, notre guide sur comment maîtriser l’administration des produits vétérinaires chez les chevaux offre des repères pratiques complémentaires.

Conservation et transport des produits
Les conditions de conservation prescrites sur l’étiquette ne sont pas de simples recommandations : elles sont le résultat d’études de stabilité conduites lors de l’instruction du dossier d’AMM. Un médicament conservé hors des plages de température indiquées (par exemple un vaccin sorti de la chaîne du froid) peut perdre tout ou partie de son efficacité, voire développer des produits de dégradation toxiques. Dans le contexte des écuries et haras, où les températures peuvent varier considérablement selon les saisons, la mise en place d’un espace de stockage dédié, avec contrôle thermométrique, est une obligation pratique autant que réglementaire.
Conditions de stockage optimales
Les produits vétérinaires doivent être stockés dans un local sécurisé, propre, ventilé et maintenu à la température appropriée, à l’abri de la lumière directe et de l’humidité excessive. Les médicaments soumis à prescription doivent être accessibles aux seuls personnels habilités. La gestion des stocks implique le suivi des dates de péremption et l’application du principe “premier entré, premier sorti” (PEPS ou FIFO). Les produits périmés ou endommagés ne peuvent être utilisés ni jetés dans les ordures ménagères ordinaires : ils doivent être remis à un collecteur agréé de déchets médicaux vétérinaires (DASRI).
Checklist de conformité — stockage en structure équine
- ✓ Local sécurisé, accès restreint aux personnels habilités
- ✓ Température contrôlée et enregistrée (thermomètre min/max)
- ✓ Réfrigérateur dédié pour vaccins et produits thermolabiles
- ✓ Registre de suivi des lots et des dates de péremption
- ✓ Procédure FIFO appliquée (premier entré, premier sorti)
- ✓ Collecte DASRI organisée pour les déchets de soins
- ✓ Carnet équin à jour pour chaque animal traité
Les équipements vétérinaires eux-mêmes sont soumis à des exigences de conformité spécifiques. Une table vétérinaire pour grands animaux doit satisfaire à des normes de sécurité mécanique et de stabilité, vérifiées lors de sa mise en service et maintenues par des opérations d’entretien régulier. Pour les équipements d’imagerie, les obligations sont encore plus strictes : les équipements de radiographie vétérinaire conformes doivent faire l’objet d’un contrôle qualité périodique et d’une déclaration auprès de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) ou de la DGSNR. Notre guide pratique pour l’entretien des équipements vétérinaires équins détaille les protocoles à respecter.
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Matériels pour chevaux : trouvez le bon équipement
Conséquences de la non-conformité
Sanctions légales, risques sanitaires et impacts sur la filière
Sanctions légales et administratives
La non-conformité réglementaire dans le domaine des produits vétérinaires peut entraîner des conséquences sévères à plusieurs niveaux. Sur le plan pénal, le Code rural prévoit des sanctions allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pour la mise sur le marché d’un médicament vétérinaire sans AMM valide, ou pour l’administration d’un produit interdit à un animal destiné à la consommation humaine. Ces peines sont doublées en cas de récidive. Les personnes morales (sociétés, exploitations agricoles) encourent des amendes cinq fois supérieures à celles prévues pour les personnes physiques.
Au niveau administratif, la DGAL peut prononcer la suspension ou le retrait de l’habilitation d’une structure vétérinaire, la saisie et la destruction des produits non conformes, ou encore l’interdiction temporaire d’exercice. Pour les éleveurs, la détention de médicaments soumis à prescription sans ordonnance valide constitue une infraction susceptible d’entraîner un retrait de subventions PAC et des sanctions dans le cadre de la conditionnalité des aides européennes. Ces risques justifient pleinement l’investissement dans des procédures internes rigoureuses et dans la formation continue du personnel.
Impact sur la santé des chevaux
Au-delà des sanctions légales, les conséquences de l’utilisation de produits non conformes sur la santé équine peuvent être dramatiques. Un médicament contrefait ou de mauvaise qualité peut contenir des substances actives sous-dosées, entraînant un échec thérapeutique et favorisant l’émergence de résistances microbiennes ou parasitaires. À l’inverse, un produit surdosé ou contaminé peut provoquer des réactions toxiques aiguës — hépatotoxicité, néphrotoxicité, choc anaphylactique — susceptibles d’engager le pronostic vital de l’animal. Notre article sur la sécurité des produits vétérinaires pour garantir le bien-être de votre cheval approfondit ces aspects.
Exemples et cas d’étude
Parmi les situations régulièrement signalées par la pharmacovigilance vétérinaire, l’utilisation hors AMM de certains anti-inflammatoires non stéroïdiens à des posologies excessives chez le cheval a conduit à des cas documentés d’ulcération gastrique et de colite. De même, l’emploi de vaccins conservés hors chaîne du froid a été associé à des échecs vaccinaux lors d’épidémies d’influenza équine. Ces situations soulignent l’importance de ne pas dissocier la qualité réglementaire du produit de son utilisation clinique. Pour éviter ces erreurs, consultez notre guide sur éviter les erreurs courantes lors de l’utilisation de produits vétérinaires pour chevaux.
À retenir
Toute détention de médicament vétérinaire soumis à prescription sans ordonnance est une infraction pénale. La traçabilité des traitements (ordonnance conservée 5 ans, carnet équin à jour) est une obligation légale qui protège à la fois l’animal, le propriétaire et le vétérinaire prescripteur. En cas de doute sur la conformité d’un produit, suspendre son utilisation et contacter immédiatement le vétérinaire référent ou l’ANMV.
Comment se tenir informé des réglementations
Ressources, outils et formations pour les professionnels équins
Ressources et outils pour les propriétaires et vétérinaires
La veille réglementaire est une nécessité pour tous les acteurs de la filière équine. L’ANMV publie régulièrement des communiqués, des décisions de modification d’AMM et des alertes de pharmacovigilance sur le portail de l’ANSES. L’EMA met à disposition sa base de données de médicaments vétérinaires autorisés en procédure centralisée, accessible en ligne et mise à jour en temps réel. Ces ressources officielles doivent constituer le premier réflexe de tout professionnel souhaitant vérifier le statut réglementaire d’un produit. Les ordres professionnels vétérinaires (Ordre National des Vétérinaires) diffusent également des circulaires d’information sur les évolutions législatives.
Pour les structures équines de taille importante (haras nationaux, centres équestres professionnels, cliniques équines), la désignation d’un référent qualité/réglementaire en interne est fortement recommandée. Ce référent a pour mission de centraliser la documentation, de tenir à jour les registres obligatoires et d’assurer l’interface avec le vétérinaire sanitaire. Des outils numériques de gestion des stocks médicamenteux, incluant alertes de péremption et gestion des ordonnances, sont désormais disponibles et facilitent grandement cette mission. Les cages d’hospitalisation vétérinaire aux normes et les équipements spécialisés comme les supports d’oxygénothérapie conformes aux normes vétérinaires illustrent bien comment la conformité réglementaire s’applique aussi aux équipements de soins.
Formations et ateliers disponibles
Le développement professionnel continu (DPC) des vétérinaires inclut des modules dédiés à la réglementation du médicament vétérinaire, à la pharmacovigilance et à la prescription responsable des antibiotiques. Des organismes spécialisés proposent également des formations destinées aux personnels d’élevage équin, portant sur la manipulation des médicaments, les obligations de tenue de registres et la gestion des déchets de soins. Ces formations prennent des formats variés : e-learning, webinaires, ateliers en présentiel au sein des organisations professionnelles équines (Fédération Française d’Équitation, IFCE, organisations de race).
Il convient aussi de signaler l’importance des réseaux de veille sanitaire propres à la filière équine, tels que le Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine (RESPE), qui diffuse des alertes en temps réel sur les maladies émergentes et les problématiques médicamenteuses associées. S’inscrire à ces réseaux constitue un réflexe indispensable pour tout vétérinaire praticien ou responsable de structure équestre souhaitant anticiper les évolutions réglementaires et sanitaires. Les tables de consultation vétérinaire conformes aux normes et les dispositifs de sécurité réglementaires pour équipements vétérinaires participent également de cette culture de la conformité au sein des structures de soins équins.
- ◆ Portail ANSES/ANMV : liste des AMM en vigueur, alertes de pharmacovigilance, décisions de retrait.
- ◆ Base de données EMA : médicaments autorisés en procédure centralisée, RCP complets téléchargeables.
- ◆ Legifrance : textes consolidés du Code rural, arrêtés ministériels et décrets en vigueur.
- ◆ RESPE : réseau de surveillance épidémiologique équine, alertes maladies et informations réglementaires.
- ◆ Ordre National des Vétérinaires : circulaires réglementaires, guides de bonnes pratiques, offres de formation DPC.
- ◆ IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Équitation) : publications techniques, fiches pratiques sur la gestion sanitaire des équidés.
| Procédure | Autorité pilote | Délai indicatif | Portée géographique |
|---|---|---|---|
| Nationale | ANMV (France) | 210 jours | France uniquement |
| Reconnaissance mutuelle | État membre de référence | 90 jours | Plusieurs États membres UE |
| Décentralisée | État membre de référence + CMDv | 210 jours | Plusieurs États membres UE simultanément |
| Centralisée | EMA / CVMP | 210 à 420 jours | Ensemble de l’UE + EEE |
Récapitulatif et perspectives pour la filière équine
Points clés à retenir et évolutions attendues
Récapitulatif des points clés
La conformité réglementaire du produit vétérinaire cheval repose sur une architecture juridique à deux niveaux — européen et national — dont la maîtrise est indispensable pour tout professionnel de la filière. Le Règlement (UE) 2019/6, pleinement applicable depuis janvier 2022, a uniformisé les procédures d’AMM à l’échelle de l’Union, renforcé la pharmacovigilance et durci l’encadrement des antibiotiques critiques. En France, l’ANMV reste l’interlocuteur central pour les questions d’autorisation, de retrait et d’alerte sanitaire. Le respect de l’étiquetage, des conditions de conservation et de la traçabilité des traitements n’est pas optionnel : c’est une obligation légale assortie de sanctions pénales et administratives effectives.
Pour une vision globale de la gestion des soins équins et pour articuler les aspects réglementaires avec les bonnes pratiques d’utilisation, de conservation et de choix des produits, nous vous invitons à consulter notre guide complet sur le produit vétérinaire cheval pour une utilisation optimale. La conformité et l’efficacité clinique sont deux dimensions indissociables d’une démarche de soin réellement responsable. Les équipements et le matériel vétérinaire pour chevaux doivent eux aussi répondre aux normes en vigueur pour garantir des interventions sûres.
Perspectives futures
Les années à venir verront probablement s’accélérer plusieurs tendances réglementaires déjà amorcées. La numérisation des ordonnances vétérinaires, expérimentée dans plusieurs États membres, devrait progressivement devenir la norme en France, permettant un suivi en temps réel des prescriptions et une réduction des risques de fraude. La réglementation sur l’antibiorésistance continuera de restreindre l’accès à certaines classes d’antibiotiques critiques pour la médecine humaine, imposant aux vétérinaires équins de développer des alternatives diagnostiques et thérapeutiques renforcées.
Par ailleurs, la prise en compte croissante de l’impact environnemental des médicaments vétérinaires — notamment des antiparasitaires excrétés dans l’environnement par les chevaux traités — devrait conduire à des exigences réglementaires renforcées en matière d’évaluation environnementale des dossiers d’AMM. Les professionnels de la filière ont donc tout intérêt à anticiper ces évolutions dès aujourd’hui, en adoptant des pratiques raisonnées et en restant attentifs aux publications officielles de l’ANMV et de l’EMA. Le matériel de radiographie vétérinaire réglementé illustre parfaitement cette nécessité d’anticipation réglementaire, notamment en matière de radioprotection.
Outil interactif
Calculateur — produit vétérinaire cheval
🐴 Calculateur Réglementation Vétérinaire Équine 2023
Délai d’attente, dosage et conformité LMR — calculs en temps réel
⏱️ 1. Délai d’Attente Réglementaire Ajusté
Selon le Règlement (UE) 2019/6, un délai minimum de 6 mois s’applique aux chevaux non destinés à la consommation (passeport coché). Pour les chevaux de boucherie, calculez le délai officiel multiplié par le facteur de sécurité.
180 jours
⚠️ Réf. Règl. (UE) 2019/6, Art. 115 — Min. 6 mois si passeport exclu chaîne alimentaire
💉 2. Calcul de Dose Réglementaire (mg/kg)
Calcule la dose totale à administrer et le volume à prélever selon le RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) autorisé. Ne pas dépasser la dose AMM sans justification écrite du vétérinaire.
1100.0 mg
11.00 mL
🔬 3. Vérificateur de Conformité LMR (Limite Maximale de Résidus)
Comparez la concentration résiduelle estimée au moment de l’abattage avec la LMR fixée par le Règlement (UE) 37/2010. Calcul simplifié basé sur la demi-vie d’élimination plasmatique.
609.53 µg/kg
304.8% de la LMR
FAQ — Réglementation vétérinaire équine
Qu’est-ce qu’une AMM et pourquoi est-elle obligatoire pour les médicaments vétérinaires équins ?
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Quelle est la différence entre un cheval « destiné à la consommation humaine » et un cheval exclu de celle-ci ?
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Qu’est-ce que la règle de la cascade en médecine vétérinaire équine et dans quels cas s’applique-t-elle ?
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Quelles sont les obligations de l’éleveur ou du propriétaire de chevaux en matière de registre d’élevage et de traçabilité médicamenteuse ?
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Comment le passeport équin intervient-il dans la gestion réglementaire des traitements médicamenteux ?
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Quelles sont les règles encadrant l’usage des antiparasitaires chez le cheval, notamment vis-à-vis de la résistance et de l’environnement ?
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Quels sont les risques juridiques pour un vétérinaire qui prescrit ou administre un médicament en dehors du cadre réglementaire ?
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Comment le règlement européen 2019/6 a-t-il modifié concrètement la pratique vétérinaire équine en France depuis son entrée en vigueur ?
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