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Conformité et réglementation des produits vétérinaires équins : que savoir en 2023

Conformité et réglementation des produits vétérinaires équins : que savoir en 2023

La réglementation encadrant le produit vétérinaire cheval évolue constamment, et maîtriser ces exigences est aujourd’hui indispensable pour tout professionnel du secteur équin. Qu’il s’agisse de médicaments soumis à prescription, de dispositifs médicaux, de compléments alimentaires ou d’équipements de diagnostic, chaque catégorie répond à un cadre légal précis qui s’est encore densifié entre 2022 et 2023. Les obligations portent sur l’autorisation de mise sur le marché, l’étiquetage, la traçabilité des lots, les conditions de conservation et les responsabilités des détenteurs. Cet article propose un tour d’horizon complet des règles en vigueur, des sanctions encourues en cas de non-conformité, et des ressources disponibles pour rester à jour — afin de garantir en toutes circonstances la santé et le bien-être de vos chevaux.

Introduction à la réglementation des produits vétérinaires équins

Pourquoi la conformité réglementaire est-elle au cœur de la santé équine ?

Importance de la réglementation pour le bien-être équin

La réglementation des produits vétérinaires destinés aux équidés ne se réduit pas à une formalité administrative : elle constitue le socle sur lequel repose la sécurité sanitaire de l’ensemble de la filière équine. Un médicament mal autorisé, un complément alimentaire aux teneurs non contrôlées ou un équipement de diagnostic non certifié exposent directement l’animal à des risques iatrogènes, parfois irréversibles. Les propriétaires, éleveurs, vétérinaires et responsables de haras ont donc un intérêt commun à comprendre et à respecter ces exigences. La conformité n’est pas une contrainte supplémentaire, c’est une garantie concrète de la qualité des soins prodigués.

Le cheval occupe par ailleurs une position singulière en droit vétérinaire européen : il peut être destiné à la consommation humaine, ce qui soumet une grande partie des produits qui lui sont administrés à des délais d’attente stricts avant tout abattage. Cette particularité explique pourquoi la traçabilité des traitements et la tenue du carnet équin sont des obligations légales et non des recommandations de bonnes pratiques. Pour aller plus loin sur l’ensemble des dimensions de la santé équine, consultez notre guide complet sur le produit vétérinaire cheval.

Aperçu des changements récents (2022-2023)

La période 2022-2023 a été marquée par l’entrée en pleine application du Règlement européen (UE) 2019/6 relatif aux médicaments vétérinaires, entré en vigueur le 28 janvier 2022. Ce texte fondamental remplace la Directive 2001/82/CE et introduit des procédures d’autorisation centralisée renforcées, un encadrement plus strict de l’usage des antibiotiques chez l’animal et de nouvelles obligations de pharmacovigilance. Pour les équidés spécifiquement, l’annexe des substances essentielles pour le traitement des équidés a été révisée, ce qui modifie directement la liste des médicaments pouvant être utilisés hors AMM selon la cascade vétérinaire.

En France, l’Agence Nationale du Médicament Vétérinaire (ANMV), rattachée à l’ANSES, a publié en 2023 de nouvelles lignes directrices relatives à la déclaration des effets indésirables et au contrôle des dossiers d’autorisation de mise sur le marché (AMM) existants. Les vétérinaires praticiens comme les structures équestres ont ainsi dû adapter leurs procédures internes pour se conformer à ces nouvelles exigences, notamment en matière d’ordonnances sécurisées pour les médicaments soumis à prescription obligatoire.

Bon à savoir

Depuis le 28 janvier 2022, le Règlement (UE) 2019/6 s’applique dans l’ensemble des États membres. Il prévoit notamment que tout médicament vétérinaire autorisé dans au moins un État membre peut bénéficier d’une procédure de reconnaissance mutuelle simplifiée. Pour le praticien équin, cela signifie un accès potentiellement élargi à des spécialités vétérinaires disponibles chez des partenaires européens, sous réserve de vérification de leur statut réglementaire en France.

Nos produits

Matériels pour chevaux

Processus d’autorisation des produits vétérinaires

De la recherche préclinique à la mise sur le marché équine

Processus d'autorisation des produits vétérinaires équins

Étapes clés pour l’obtention d’une autorisation

L’obtention d’une AMM pour un médicament vétérinaire destiné aux équidés suit un parcours rigoureux, identique dans son architecture quelle que soit la procédure choisie (nationale, décentralisée, reconnaissance mutuelle ou centralisée). Le dossier soumis à l’autorité compétente doit comporter une documentation complète en cinq parties : administrative, qualité (synthèse chimique, pharmaceutique et biologique), sécurité (études de toxicologie et d’innocuité pour l’utilisateur), efficacité (études cliniques chez l’espèce cible) et résumé du dossier. Pour les équidés, des données cliniques spécifiques à l’espèce sont obligatoires, car l’extrapolation depuis d’autres espèces est strictement limitée.

Une fois le dossier soumis, l’autorité compétente dispose d’un délai légal pour l’évaluer. La procédure nationale française dure en principe 210 jours, auxquels peuvent s’ajouter des délais de réponse aux questions de l’évaluateur. La procédure centralisée via l’EMA peut s’étaler sur 210 à 420 jours. À l’issue de l’évaluation, l’AMM est accordée, refusée ou assortie de conditions particulières. Les équipements de diagnostic, comme les tables d’échographie pour grands animaux, relèvent pour leur part de certifications techniques distinctes de l’AMM médicamenteuse.

Critères d’évaluation des produits

L’évaluation d’un dossier d’AMM repose sur le triptyque classique bénéfice/risque : le produit doit apporter un bénéfice thérapeutique démontré, présenter un profil de sécurité acceptable pour l’animal, l’utilisateur et l’environnement, et atteindre des critères de qualité pharmaceutique stricts. Pour un médicament équin destiné à des animaux pouvant entrer dans la chaîne alimentaire, la définition des limites maximales de résidus (LMR) dans les tissus et le calcul du temps d’attente correspondant constituent une étape obligatoire, supervisée conjointement par l’EMA et l’ANMV.

Sécurité et efficacité : les deux piliers de l’évaluation

Les études de sécurité comprennent des tests de tolérance locale et systémique chez le cheval, ainsi que des études de toxicité chez les espèces de laboratoire pour documenter les effets à des doses supra-thérapeutiques. Les études d’efficacité doivent être conduites selon des protocoles respectant les bonnes pratiques cliniques vétérinaires (BPCv), avec des effectifs suffisants et des critères d’évaluation validés. Le Règlement (UE) 2019/6 a renforcé les exigences relatives aux études d’efficacité en imposant systématiquement une comparaison avec le traitement de référence lorsqu’il en existe un. Pour compléter votre approche sur le choix des produits, consultez également notre guide sur choisir le bon produit vétérinaire pour votre cheval.

  • Qualité pharmaceutique : composition, stabilité, procédé de fabrication conformes aux Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF).
  • Innocuité pour l’animal : tolérance chez le cheval, absence d’effets indésirables graves à dose thérapeutique.
  • Sécurité pour l’utilisateur : fiches de données de sécurité, équipements de protection individuels recommandés.
  • Impact environnemental : évaluation des risques pour l’écosystème, notamment pour les antiparasitaires à large spectre.
  • Résidus et temps d’attente : LMR définies et temps d’attente calculé pour chaque tissu chez les équidés destinés à la consommation.

Conformité des produits vétérinaires : que vérifier ?

Étiquetage, conservation et traçabilité en pratique équine

Étiquetage et informations obligatoires

L’étiquetage d’un médicament vétérinaire autorisé est strictement encadré par le Règlement (UE) 2019/6. Chaque emballage doit mentionner : la dénomination du médicament et sa concentration, la forme pharmaceutique, les espèces cibles, le numéro d’AMM, la date de péremption, les conditions de conservation, le nom du titulaire de l’AMM et le numéro de lot. Pour les médicaments soumis à prescription, la mention “À délivrer uniquement sur prescription vétérinaire” est obligatoire. Toute modification de l’étiquetage, même mineure, doit faire l’objet d’une procédure de variation auprès de l’autorité compétente.

Au-delà des médicaments, les compléments alimentaires équins et les aliments médicamenteux sont soumis à des règles d’étiquetage spécifiques relevant de la législation sur les aliments pour animaux. Les mentions analytiques, les additifs autorisés et les lots de production doivent figurer sur les emballages selon des formats normalisés. Les professionnels achetant ces produits ont tout intérêt à vérifier systématiquement ces mentions avant toute utilisation, car une non-conformité de l’étiquetage signale souvent une problématique plus profonde dans le dossier du produit. Pour la gestion des administrations, notre guide sur comment maîtriser l’administration des produits vétérinaires chez les chevaux offre des repères pratiques complémentaires.

Conformité des produits vétérinaires équins : étiquetage et conservation

Conservation et transport des produits

Les conditions de conservation prescrites sur l’étiquette ne sont pas de simples recommandations : elles sont le résultat d’études de stabilité conduites lors de l’instruction du dossier d’AMM. Un médicament conservé hors des plages de température indiquées (par exemple un vaccin sorti de la chaîne du froid) peut perdre tout ou partie de son efficacité, voire développer des produits de dégradation toxiques. Dans le contexte des écuries et haras, où les températures peuvent varier considérablement selon les saisons, la mise en place d’un espace de stockage dédié, avec contrôle thermométrique, est une obligation pratique autant que réglementaire.

Conditions de stockage optimales

Les produits vétérinaires doivent être stockés dans un local sécurisé, propre, ventilé et maintenu à la température appropriée, à l’abri de la lumière directe et de l’humidité excessive. Les médicaments soumis à prescription doivent être accessibles aux seuls personnels habilités. La gestion des stocks implique le suivi des dates de péremption et l’application du principe “premier entré, premier sorti” (PEPS ou FIFO). Les produits périmés ou endommagés ne peuvent être utilisés ni jetés dans les ordures ménagères ordinaires : ils doivent être remis à un collecteur agréé de déchets médicaux vétérinaires (DASRI).

Checklist de conformité — stockage en structure équine

  • Local sécurisé, accès restreint aux personnels habilités
  • Température contrôlée et enregistrée (thermomètre min/max)
  • Réfrigérateur dédié pour vaccins et produits thermolabiles
  • Registre de suivi des lots et des dates de péremption
  • Procédure FIFO appliquée (premier entré, premier sorti)
  • Collecte DASRI organisée pour les déchets de soins
  • Carnet équin à jour pour chaque animal traité

Les équipements vétérinaires eux-mêmes sont soumis à des exigences de conformité spécifiques. Une table vétérinaire pour grands animaux doit satisfaire à des normes de sécurité mécanique et de stabilité, vérifiées lors de sa mise en service et maintenues par des opérations d’entretien régulier. Pour les équipements d’imagerie, les obligations sont encore plus strictes : les équipements de radiographie vétérinaire conformes doivent faire l’objet d’un contrôle qualité périodique et d’une déclaration auprès de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) ou de la DGSNR. Notre guide pratique pour l’entretien des équipements vétérinaires équins détaille les protocoles à respecter.

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Matériels pour chevaux : trouvez le bon équipement

Conséquences de la non-conformité

Sanctions légales, risques sanitaires et impacts sur la filière

Sanctions légales et administratives

La non-conformité réglementaire dans le domaine des produits vétérinaires peut entraîner des conséquences sévères à plusieurs niveaux. Sur le plan pénal, le Code rural prévoit des sanctions allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pour la mise sur le marché d’un médicament vétérinaire sans AMM valide, ou pour l’administration d’un produit interdit à un animal destiné à la consommation humaine. Ces peines sont doublées en cas de récidive. Les personnes morales (sociétés, exploitations agricoles) encourent des amendes cinq fois supérieures à celles prévues pour les personnes physiques.

Au niveau administratif, la DGAL peut prononcer la suspension ou le retrait de l’habilitation d’une structure vétérinaire, la saisie et la destruction des produits non conformes, ou encore l’interdiction temporaire d’exercice. Pour les éleveurs, la détention de médicaments soumis à prescription sans ordonnance valide constitue une infraction susceptible d’entraîner un retrait de subventions PAC et des sanctions dans le cadre de la conditionnalité des aides européennes. Ces risques justifient pleinement l’investissement dans des procédures internes rigoureuses et dans la formation continue du personnel.

Impact sur la santé des chevaux

Au-delà des sanctions légales, les conséquences de l’utilisation de produits non conformes sur la santé équine peuvent être dramatiques. Un médicament contrefait ou de mauvaise qualité peut contenir des substances actives sous-dosées, entraînant un échec thérapeutique et favorisant l’émergence de résistances microbiennes ou parasitaires. À l’inverse, un produit surdosé ou contaminé peut provoquer des réactions toxiques aiguës — hépatotoxicité, néphrotoxicité, choc anaphylactique — susceptibles d’engager le pronostic vital de l’animal. Notre article sur la sécurité des produits vétérinaires pour garantir le bien-être de votre cheval approfondit ces aspects.

Exemples et cas d’étude

Parmi les situations régulièrement signalées par la pharmacovigilance vétérinaire, l’utilisation hors AMM de certains anti-inflammatoires non stéroïdiens à des posologies excessives chez le cheval a conduit à des cas documentés d’ulcération gastrique et de colite. De même, l’emploi de vaccins conservés hors chaîne du froid a été associé à des échecs vaccinaux lors d’épidémies d’influenza équine. Ces situations soulignent l’importance de ne pas dissocier la qualité réglementaire du produit de son utilisation clinique. Pour éviter ces erreurs, consultez notre guide sur éviter les erreurs courantes lors de l’utilisation de produits vétérinaires pour chevaux.

À retenir

Toute détention de médicament vétérinaire soumis à prescription sans ordonnance est une infraction pénale. La traçabilité des traitements (ordonnance conservée 5 ans, carnet équin à jour) est une obligation légale qui protège à la fois l’animal, le propriétaire et le vétérinaire prescripteur. En cas de doute sur la conformité d’un produit, suspendre son utilisation et contacter immédiatement le vétérinaire référent ou l’ANMV.

Comment se tenir informé des réglementations

Ressources, outils et formations pour les professionnels équins

Ressources et outils pour les propriétaires et vétérinaires

La veille réglementaire est une nécessité pour tous les acteurs de la filière équine. L’ANMV publie régulièrement des communiqués, des décisions de modification d’AMM et des alertes de pharmacovigilance sur le portail de l’ANSES. L’EMA met à disposition sa base de données de médicaments vétérinaires autorisés en procédure centralisée, accessible en ligne et mise à jour en temps réel. Ces ressources officielles doivent constituer le premier réflexe de tout professionnel souhaitant vérifier le statut réglementaire d’un produit. Les ordres professionnels vétérinaires (Ordre National des Vétérinaires) diffusent également des circulaires d’information sur les évolutions législatives.

Pour les structures équines de taille importante (haras nationaux, centres équestres professionnels, cliniques équines), la désignation d’un référent qualité/réglementaire en interne est fortement recommandée. Ce référent a pour mission de centraliser la documentation, de tenir à jour les registres obligatoires et d’assurer l’interface avec le vétérinaire sanitaire. Des outils numériques de gestion des stocks médicamenteux, incluant alertes de péremption et gestion des ordonnances, sont désormais disponibles et facilitent grandement cette mission. Les cages d’hospitalisation vétérinaire aux normes et les équipements spécialisés comme les supports d’oxygénothérapie conformes aux normes vétérinaires illustrent bien comment la conformité réglementaire s’applique aussi aux équipements de soins.

Formations et ateliers disponibles

Le développement professionnel continu (DPC) des vétérinaires inclut des modules dédiés à la réglementation du médicament vétérinaire, à la pharmacovigilance et à la prescription responsable des antibiotiques. Des organismes spécialisés proposent également des formations destinées aux personnels d’élevage équin, portant sur la manipulation des médicaments, les obligations de tenue de registres et la gestion des déchets de soins. Ces formations prennent des formats variés : e-learning, webinaires, ateliers en présentiel au sein des organisations professionnelles équines (Fédération Française d’Équitation, IFCE, organisations de race).

Il convient aussi de signaler l’importance des réseaux de veille sanitaire propres à la filière équine, tels que le Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine (RESPE), qui diffuse des alertes en temps réel sur les maladies émergentes et les problématiques médicamenteuses associées. S’inscrire à ces réseaux constitue un réflexe indispensable pour tout vétérinaire praticien ou responsable de structure équestre souhaitant anticiper les évolutions réglementaires et sanitaires. Les tables de consultation vétérinaire conformes aux normes et les dispositifs de sécurité réglementaires pour équipements vétérinaires participent également de cette culture de la conformité au sein des structures de soins équins.

  • Portail ANSES/ANMV : liste des AMM en vigueur, alertes de pharmacovigilance, décisions de retrait.
  • Base de données EMA : médicaments autorisés en procédure centralisée, RCP complets téléchargeables.
  • Legifrance : textes consolidés du Code rural, arrêtés ministériels et décrets en vigueur.
  • RESPE : réseau de surveillance épidémiologique équine, alertes maladies et informations réglementaires.
  • Ordre National des Vétérinaires : circulaires réglementaires, guides de bonnes pratiques, offres de formation DPC.
  • IFCE (Institut Français du Cheval et de l’Équitation) : publications techniques, fiches pratiques sur la gestion sanitaire des équidés.

Procédure Autorité pilote Délai indicatif Portée géographique
Nationale ANMV (France) 210 jours France uniquement
Reconnaissance mutuelle État membre de référence 90 jours Plusieurs États membres UE
Décentralisée État membre de référence + CMDv 210 jours Plusieurs États membres UE simultanément
Centralisée EMA / CVMP 210 à 420 jours Ensemble de l’UE + EEE

Récapitulatif et perspectives pour la filière équine

Points clés à retenir et évolutions attendues

Récapitulatif des points clés

La conformité réglementaire du produit vétérinaire cheval repose sur une architecture juridique à deux niveaux — européen et national — dont la maîtrise est indispensable pour tout professionnel de la filière. Le Règlement (UE) 2019/6, pleinement applicable depuis janvier 2022, a uniformisé les procédures d’AMM à l’échelle de l’Union, renforcé la pharmacovigilance et durci l’encadrement des antibiotiques critiques. En France, l’ANMV reste l’interlocuteur central pour les questions d’autorisation, de retrait et d’alerte sanitaire. Le respect de l’étiquetage, des conditions de conservation et de la traçabilité des traitements n’est pas optionnel : c’est une obligation légale assortie de sanctions pénales et administratives effectives.

Pour une vision globale de la gestion des soins équins et pour articuler les aspects réglementaires avec les bonnes pratiques d’utilisation, de conservation et de choix des produits, nous vous invitons à consulter notre guide complet sur le produit vétérinaire cheval pour une utilisation optimale. La conformité et l’efficacité clinique sont deux dimensions indissociables d’une démarche de soin réellement responsable. Les équipements et le matériel vétérinaire pour chevaux doivent eux aussi répondre aux normes en vigueur pour garantir des interventions sûres.

Perspectives futures

Les années à venir verront probablement s’accélérer plusieurs tendances réglementaires déjà amorcées. La numérisation des ordonnances vétérinaires, expérimentée dans plusieurs États membres, devrait progressivement devenir la norme en France, permettant un suivi en temps réel des prescriptions et une réduction des risques de fraude. La réglementation sur l’antibiorésistance continuera de restreindre l’accès à certaines classes d’antibiotiques critiques pour la médecine humaine, imposant aux vétérinaires équins de développer des alternatives diagnostiques et thérapeutiques renforcées.

Par ailleurs, la prise en compte croissante de l’impact environnemental des médicaments vétérinaires — notamment des antiparasitaires excrétés dans l’environnement par les chevaux traités — devrait conduire à des exigences réglementaires renforcées en matière d’évaluation environnementale des dossiers d’AMM. Les professionnels de la filière ont donc tout intérêt à anticiper ces évolutions dès aujourd’hui, en adoptant des pratiques raisonnées et en restant attentifs aux publications officielles de l’ANMV et de l’EMA. Le matériel de radiographie vétérinaire réglementé illustre parfaitement cette nécessité d’anticipation réglementaire, notamment en matière de radioprotection.

Outil interactif

Calculateur — produit vétérinaire cheval

🐴 Calculateur Réglementation Vétérinaire Équine 2023

Délai d’attente, dosage et conformité LMR — calculs en temps réel

⏱️ 1. Délai d’Attente Réglementaire Ajusté

Selon le Règlement (UE) 2019/6, un délai minimum de 6 mois s’applique aux chevaux non destinés à la consommation (passeport coché). Pour les chevaux de boucherie, calculez le délai officiel multiplié par le facteur de sécurité.




Délai d’attente ajusté :
180 jours

⚠️ Réf. Règl. (UE) 2019/6, Art. 115 — Min. 6 mois si passeport exclu chaîne alimentaire

💉 2. Calcul de Dose Réglementaire (mg/kg)

Calcule la dose totale à administrer et le volume à prélever selon le RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) autorisé. Ne pas dépasser la dose AMM sans justification écrite du vétérinaire.




Dose totale
1100.0 mg
Volume à administrer
11.00 mL
✅ Volume conforme aux recommandations d’administration

🔬 3. Vérificateur de Conformité LMR (Limite Maximale de Résidus)

Comparez la concentration résiduelle estimée au moment de l’abattage avec la LMR fixée par le Règlement (UE) 37/2010. Calcul simplifié basé sur la demi-vie d’élimination plasmatique.





Concentration résiduelle
609.53 µg/kg
Ratio LMR
304.8% de la LMR
❌ NON CONFORME — Résidus dépassent la LMR

Délai minimum calculé pour atteindre la LMR : 14 jours

⚖️ Références réglementaires : Règlement (UE) 2019/6 (médicaments vétérinaires) · Règlement (UE) 37/2010 (LMR) · Directive 96/23/CE (contrôle résidus) · Code Rural L.5141-1 et suivants (France). Ces calculs sont indicatifs et ne remplacent pas l’avis du vétérinaire responsable du traitement.

Questions fréquentes

FAQ — Réglementation vétérinaire équine

01
Qu’est-ce qu’une AMM et pourquoi est-elle obligatoire pour les médicaments vétérinaires équins ?
L’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) est une décision administrative délivrée par l’ANMV en France ou par l’EMA au niveau européen, attestant que le médicament vétérinaire a satisfait à des exigences rigoureuses de qualité, d’efficacité et d’innocuité. Elle est obligatoire pour tout médicament destiné aux animaux, y compris les chevaux, afin de protéger à la fois la santé animale et la santé publique. Sans AMM valide, la fabrication, l’importation, la distribution et l’utilisation du médicament sont illégales et exposent le professionnel à des sanctions pénales. Pour les chevaux destinés à la consommation humaine, cette exigence est encore plus stricte car elle conditionne directement la sécurité alimentaire des viandes équines.

02
Quelle est la différence entre un cheval « destiné à la consommation humaine » et un cheval exclu de celle-ci ?
Tout équidé est présumé destiné à la consommation humaine par défaut, sauf si son propriétaire a expressément déclaré le contraire dans le passeport officiel de l’animal, rubrique dédiée à cet effet. Un cheval déclaré exclu de la chaîne alimentaire peut recevoir des médicaments contenant des substances interdites pour les animaux de rente, ce qui élargit considérablement les options thérapeutiques disponibles. En revanche, cette exclusion est irréversible : une fois déclarée, l’animal ne peut plus rejoindre la filière boucherie. Cette distinction est fondamentale pour le vétérinaire praticien au moment de la prescription, car elle détermine le cadre réglementaire applicable et les temps d’attente à respecter.

03
Qu’est-ce que la règle de la cascade en médecine vétérinaire équine et dans quels cas s’applique-t-elle ?
La règle de la cascade, encadrée par le règlement européen 2019/6, s’applique lorsqu’aucun médicament vétérinaire disposant d’une AMM n’est disponible pour traiter une pathologie donnée chez le cheval. Le vétérinaire peut alors, dans un ordre précis, avoir recours à un médicament autorisé pour d’autres espèces, à un médicament humain, voire à une préparation magistrale. Pour les chevaux destinés à la consommation humaine, cette dérogation n’est possible qu’avec des substances dont une LMR (Limite Maximale de Résidus) a été établie, et un temps d’attente minimal de six mois s’applique. Cette règle ne dispense en aucun cas le vétérinaire de ses obligations de prescription et d’enregistrement dans l’ordonnance.

04
Quelles sont les obligations de l’éleveur ou du propriétaire de chevaux en matière de registre d’élevage et de traçabilité médicamenteuse ?
Tout détenteur de chevaux destinés à la consommation humaine est tenu de tenir un registre d’élevage consignant les traitements administrés, les ordonnances correspondantes, les numéros de lots des médicaments utilisés, les dates d’administration et les temps d’attente applicables. Ce registre doit être conservé pendant au moins cinq ans et présenté à tout contrôle des services vétérinaires officiels. Les ordonnances délivrées par le vétérinaire constituent des pièces justificatives indissociables du registre et doivent donc être archivées avec soin. En cas de non-conformité constatée lors d’une inspection, l’éleveur s’expose à des avertissements, à des amendes administratives, voire à des mesures de restriction de mise sur le marché de ses animaux.

05
Comment le passeport équin intervient-il dans la gestion réglementaire des traitements médicamenteux ?
Le passeport équin, document d’identification officiel obligatoire pour chaque équidé en Europe, comporte une section spécifique dédiée aux traitements médicamenteux reçus par l’animal. Chaque administration d’un médicament contenant une substance soumise à des restrictions pour les animaux de rente doit y être consignée par le vétérinaire, avec la date, la substance active et le temps d’attente applicable. Ce document suit l’animal tout au long de sa vie et est présenté à l’abattoir pour vérification avant tout abattage à des fins de consommation humaine. Son absence, sa perte ou son altération constitue une infraction réglementaire pouvant entraîner le refus d’abattage et des poursuites administratives.

06
Quelles sont les règles encadrant l’usage des antiparasitaires chez le cheval, notamment vis-à-vis de la résistance et de l’environnement ?
Les antiparasitaires équins sont désormais soumis à prescription vétérinaire obligatoire dans de nombreux États membres, une mesure destinée à lutter contre le développement de résistances aux molécules disponibles. Le vétérinaire est encouragé à raisonner les traitements sur la base de coproscopies régulières plutôt qu’à pratiquer des vermifugations systématiques à intervalles fixes, afin de préserver l’efficacité des antiparasitaires encore actifs. Par ailleurs, certaines molécules comme les avermectines présentent une toxicité avérée pour la faune coprophage, ce qui soulève des préoccupations environnementales croissantes intégrées dans les nouvelles évaluations d’AMM. Les professionnels sont donc invités à adopter une approche raisonnée, à documenter chaque traitement et à respecter scrupuleusement les doses et fréquences recommandées.

07
Quels sont les risques juridiques pour un vétérinaire qui prescrit ou administre un médicament en dehors du cadre réglementaire ?
Un vétérinaire qui prescrit ou administre un médicament sans AMM valide, en dehors des conditions autorisées par la règle de la cascade, ou sans respecter les temps d’attente réglementaires, engage sa responsabilité pénale et ordinale. Les sanctions peuvent inclure des poursuites pour mise en danger d’autrui, des amendes pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, et la suspension voire la radiation de l’Ordre national des vétérinaires. Sur le plan civil, la responsabilité professionnelle du praticien peut être engagée en cas de préjudice pour l’animal ou pour le propriétaire. Il est donc impératif pour chaque vétérinaire de se tenir informé des évolutions réglementaires publiées par l’ANMV et d’archiver rigoureusement toutes les ordonnances et enregistrements de traitements.

08
Comment le règlement européen 2019/6 a-t-il modifié concrètement la pratique vétérinaire équine en France depuis son entrée en vigueur ?
Entré en application le 28 janvier 2022, le règlement européen 2019/6 a profondément remanié le cadre réglementaire des médicaments vétérinaires dans l’ensemble de l’Union européenne, remplaçant la directive 2001/82/CE. En France, il a notamment renforcé les exigences en matière de gestion des antimicrobiens, introduit de nouvelles classifications pour la prescription (médicaments à prescription restreinte, médicaments soumis à prescription vétérinaire obligatoire), et clarifié les conditions d’application de la règle de la cascade. Il a également imposé des exigences renforcées sur l’évaluation du risque environnemental lors des demandes d’AMM, en particulier pour les antiparasitaires. Les vétérinaires équins doivent désormais intégrer ces nouvelles dispositions dans leur pratique quotidienne et mettre à jour leurs procédures internes d’ordonnancement et de suivi des traitements.

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