
La prévention des maladies équines est un pilier fondamental des soins pour chevaux responsables et professionnels. Qu’il s’agisse de chevaux de sport, de loisir ou d’élevage, maintenir un animal en bonne santé implique bien plus qu’une simple réaction aux symptômes : cela exige une approche proactive, structurée et rigoureuse. Les maladies équines — respiratoires, digestives, infectieuses ou locomotrices — peuvent compromettre durablement le bien-être d’un cheval et engendrer des coûts importants. En comprenant les mécanismes de transmission, en adoptant des protocoles adaptés et en suivant un calendrier de soins régulier, éleveurs et vétérinaires disposent des clés pour anticiper les risques et protéger efficacement leurs animaux. Ce guide propose des stratégies concrètes, accessibles et fondées sur les meilleures pratiques du secteur équin.
Introduction à la prévention des maladies équines
Comprendre pour mieux protéger
Importance de la prévention dans les soins pour chevaux
La médecine préventive représente aujourd’hui l’approche la plus efficace pour garantir la longévité et la performance des chevaux. Contrairement à la médecine curative qui intervient après l’apparition des signes cliniques, la prévention permet d’agir en amont, de réduire la fréquence des épisodes pathologiques et de limiter les interventions médicales d’urgence. Pour les professionnels de la santé animale, intégrer des protocoles préventifs dans la gestion quotidienne d’un cheval constitue non seulement une exigence éthique, mais aussi un gage de durabilité économique pour les structures équestres.
La précocité de la détection est déterminante : un cheval dont l’état de santé est suivi régulièrement présentera des signes avant-coureurs détectés à un stade précoce, quand les traitements sont encore simples et efficaces. À l’inverse, un animal laissé sans suivi peut développer des pathologies chroniques qui nécessitent des équipements spécialisés comme des cages de soins intensifs ou des dispositifs d’oxygénothérapie. La prévention, c’est donc aussi une façon de préserver les ressources disponibles et de les mobiliser uniquement lorsqu’elles sont véritablement nécessaires. Pour approfondir les fondamentaux, consultez notre guide soins pour chevaux : le guide complet pour des pratiques optimales.
Aperçu des maladies équines courantes
Les maladies équines se répartissent en plusieurs grandes catégories, chacune avec ses mécanismes propres et ses voies de prévention. Les affections respiratoires (bronchite, asthme équin, gourme), les troubles digestifs (coliques, ulcères gastriques), les maladies infectieuses (grippe équine, rhinopneumonie, tétanos) et les pathologies locomotrices (fourbure, arthrose, problèmes de sabots) constituent les principaux défis sanitaires rencontrés par les professionnels du secteur. Chacune de ces affections peut avoir des conséquences graves sur la capacité fonctionnelle et le bien-être de l’animal si elle n’est pas anticipée.
Il est important de savoir que le vétérinaire spécialisé dans les soins pour chevaux porte le titre de vétérinaire équin ou praticien équin. Ce professionnel de santé animale est formé spécifiquement pour diagnostiquer et traiter les pathologies propres aux équidés. Son intervention régulière, au moins deux fois par an dans le cadre d’un suivi préventif, est indispensable pour évaluer l’état de santé global du cheval, actualiser les vaccinations, et détecter les signaux faibles qui pourraient évoluer en maladies déclarées. Un partenariat solide entre l’éleveur et le vétérinaire équin est la première des stratégies de prévention.
À retenir
La prévention des maladies équines ne se résume pas aux vaccinations : elle englobe l’alimentation, l’environnement, l’hygiène, l’exercice physique et le suivi vétérinaire régulier. Une approche globale et cohérente est la seule qui garantisse une santé équine durable.
Nos produits
Soins pour chevaux
Nos produits Veterimat
Soins pour chevauxStratégies de prévention générales
Les fondations d’une santé équine solide
Alimentation équilibrée et ses bienfaits
Une alimentation de qualité constitue le premier rempart contre les maladies équines. Un cheval nourri avec des fourrages de qualité, un apport en concentrés adapté à son niveau d’activité, et une complémentation minérale et vitaminique bien dosée développe un système immunitaire robuste capable de résister aux agents pathogènes. Les carences nutritionnelles, à l’inverse, fragilisent l’organisme et favorisent l’apparition d’infections, de troubles métaboliques ou de déséquilibres musculo-squelettiques. Pour tout ce qui concerne les rations, consultez notre guide sur comment maîtriser l’alimentation des chevaux pour une santé optimale.
Rôle des nutriments essentiels
Les protéines de qualité sont indispensables à la réparation tissulaire et au maintien de la masse musculaire. Les acides gras essentiels (oméga-3) contribuent à moduler les réponses inflammatoires. Les vitamines A, D, E et le sélénium jouent un rôle antioxydant crucial. Le calcium et le phosphore, en proportion équilibrée, garantissent la solidité du squelette et la santé des sabots. Enfin, l’hydratation est un nutriment à part entière : un cheval doit avoir accès en permanence à de l’eau fraîche et propre, car la déshydratation est un facteur de risque majeur pour les coliques.

Importance d’un environnement sécurisé
L’environnement dans lequel évolue un cheval influence directement son état de santé. Une écurie propre, bien ventilée, avec une litière renouvelée régulièrement, limite la prolifération des agents pathogènes (bactéries, champignons, parasites) et réduit l’exposition aux irritants respiratoires. Les paddocks et pâturages doivent également être entretenus pour éviter les zones d’accumulation de boue, foyers potentiels d’infections cutanées et de problèmes podaux. Notre guide sur sécuriser l’environnement de vos chevaux : 5 étapes incontournables détaille les mesures à prendre point par point.
Contrôle des parasites
La gestion parasitaire est une composante indissociable de la prévention des maladies équines. Les strongles, oxyures, ascaris et ténia sont des parasites internes fréquents qui peuvent provoquer des lésions intestinales, des coliques, voire des ruptures digestives en cas d’infestation massive. Un programme de vermifugation raisonné, basé sur des coproscopies régulières plutôt que sur des traitements systématiques, permet de cibler les animaux réellement infestés et de limiter les phénomènes de résistance aux anthelminthiques. À l’extérieur, la rotation des pâtures et le ramassage régulier des crottins contribuent à réduire la charge parasitaire dans l’environnement.
Vaccinations et soins vétérinaires réguliers
La vaccination constitue l’outil préventif le plus direct contre les maladies infectieuses potentiellement létales. Elle permet de stimuler le système immunitaire du cheval afin qu’il développe une réponse protectrice avant même d’être exposé aux agents pathogènes. Les vétérinaires équins recommandent un calendrier vaccinal précis, adapté à l’âge de l’animal, à son utilisation (compétition, loisir, reproduction) et aux risques épidémiologiques locaux. Pour un protocole complet, référez-vous à notre guide sur le protocole de soins vétérinaires : garantir une santé équine à long terme.
Calendrier vaccinal recommandé
Les vaccinations prioritaires pour les chevaux en Europe comprennent principalement la grippe équine, la rhinopneumonie, le tétanos, et la rage dans certaines régions. La grippe équine et la rhinopneumonie nécessitent des rappels annuels (voire semestriels pour les chevaux participant à des compétitions), car les virus mutent régulièrement. Le tétanos, quant à lui, est protégé par un primovaccination en deux injections à quelques semaines d’intervalle, suivie d’un rappel annuel. Le vétérinaire équin adaptera ce calendrier aux besoins individuels de chaque animal et aux recommandations des organismes sanitaires.
| Maladie | Primovaccination | Rappel | Population cible |
|---|---|---|---|
| Grippe équine | 2 injections à 4-6 semaines d’intervalle | Annuel (6 mois pour la compétition) | Tous les chevaux |
| Rhinopneumonie | 2 injections à 4-6 semaines d’intervalle | Semestriel (juments gestantes : mensuel en fin de gestation) | Chevaux en contact, reproducteurs |
| Tétanos | 2 injections à 1 mois d’intervalle | Annuel | Tous les chevaux |
| Rage | 1 injection | Annuel | Zones endémiques, exportation |
Prévention des maladies respiratoires
Protéger les voies aériennes de votre cheval

Amélioration de la qualité de l’air
Les maladies respiratoires constituent l’une des principales causes de baisse de performance et d’arrêt de travail chez le cheval. L’asthme équin (anciennement appelé COPD ou pousse), la trachéobronchite infectieuse et les pneumonies peuvent toutes être favorisées par une mauvaise qualité de l’air dans les espaces confinés. Les spores de moisissures présentes dans le foin et la paille, les poussières, les ammoniacs dégagés par les urines et les émanations chimiques des produits d’entretien sont autant de facteurs irritants qui fragilisent les muqueuses respiratoires et ouvrent la voie aux infections.
Ventilation et entretien des écuries
Une écurie bien conçue doit permettre un renouvellement constant de l’air sans créer de courants d’air directs sur les animaux. Les ouvertures hautes (lanterneaux, fenêtres en hauteur) favorisent l’extraction des gaz lourds et de l’humidité. Le curage quotidien des boxes, l’utilisation de litières alternatives (copeaux de bois, paille hachée ou pellets) moins poussiéreuses que la paille conventionnelle, et le stockage du fourrage à l’écart des boxes contribuent significativement à réduire la charge allergénique et irritante de l’air ambiant.
Gestion des allergènes et irritants
Pour les chevaux présentant des sensibilités respiratoires avérées, des mesures spécifiques s’imposent. Le foin peut être trempé pendant 30 à 60 minutes avant distribution afin de limiter la dispersion des spores dans l’air. Le remplacement du foin traditionnel par des fourrages enrubannés, déshydratés ou des cubes de foin représente une alternative efficace pour les chevaux asthmatiques. Il convient également de veiller à ce que les traitements désinfectants des boxess — essentiels pour l’hygiène — soient réalisés en l’absence des animaux et avec des produits adaptés aux équidés, pour éviter toute irritation chimique des voies respiratoires.
La surveillance des signes respiratoires précoces est capitale : une toux persistante, des sécrétions nasales bilatérales, une augmentation de la fréquence respiratoire au repos ou une intolérance à l’effort doivent alerter le professionnel et déclencher une consultation vétérinaire sans délai. Dans les cas graves, les équipements de thérapie intensive, comme un générateur d’oxygène pour hospitalisation, peuvent s’avérer nécessaires pour stabiliser un animal en détresse respiratoire — ce qui souligne une nouvelle fois l’importance d’une prévention efficace en amont.
- Assurer une ventilation passive ou active continue dans les boxes et couloirs
- Opter pour des litières à faible teneur en poussière (copeaux calibrés, pellets)
- Tremper ou vaporiser le foin avant distribution pour les chevaux sensibles
- Stocker les fourrages dans des locaux séparés des zones de vie des chevaux
- Curer les boxes au moins une fois par jour, deux fois en période de forte humidité
- Éviter tout brûlage de déchets ou utilisation de produits chimiques volatils à proximité
- Contrôler régulièrement l’hygrométrie de l’écurie (idéalement entre 60 et 80%)
Prévention des maladies digestives
Préserver l’équilibre digestif, clé de la santé équine
Gestion des coliques
Les coliques représentent l’urgence médicale la plus fréquente chez le cheval et constituent une cause significative de mortalité dans l’espèce équine. Cette douleur abdominale peut résulter de nombreuses causes : obstruction digestive, torsion intestinale, météorisme, intoxication alimentaire ou déséquilibre de la flore intestinale. Si toutes les coliques ne sont pas évitables, une grande partie d’entre elles peuvent être prévenues par des pratiques d’élevage adaptées. La régularité dans les horaires d’alimentation, la distribution fractionnée du fourrage sur la journée et la limitation des changements alimentaires brutaux sont des règles d’or incontournables.
Pratiques alimentaires à adopter
Le tube digestif du cheval est conçu pour fonctionner en quasi-continu : l’animal est un brouteur naturel qui consomme de petites quantités d’herbe ou de fourrage pendant de longues heures. Toute perturbation de ce schéma — repas rares et volumineux, privation prolongée, changement rapide de ration — peut engendrer un déséquilibre du microbiote intestinal et favoriser l’apparition de coliques. Il est recommandé de distribuer le foin en au moins deux à trois repas quotidiens, d’introduire progressivement tout nouvel aliment sur une période minimale de deux semaines, et de s’assurer que le cheval dispose en permanence d’un accès illimité à l’eau.

Surveillance des symptômes d’ulcères
Le syndrome d’ulcération gastrique équine (EGUS) touche une proportion importante des chevaux, notamment les animaux de sport soumis à des entraînements intensifs, au stress du transport ou à une alimentation pauvre en foin et riche en concentrés. Les ulcères gastriques se manifestent souvent de façon insidieuse : perte d’appétit, amaigrissement progressif, inconfort lors du girthing (mise en place de la sangle), comportement modifié, baisse de performance ou récidives de coliques légères. Ces signes, bien qu’atypiques, doivent alerter le professionnel et conduire à une gastroscopie pour confirmation du diagnostic.
La prévention des ulcères repose sur plusieurs leviers complémentaires. Favoriser l’accès au pâturage ou la distribution continue de foin permet de tamponner l’acidité gastrique produite en permanence par l’estomac équin. Réduire les périodes de jeûne à moins de 4 à 6 heures, limiter les apports de concentrés et éviter les situations de stress répété sont des mesures efficaces. Pour les chevaux à risque élevé, notamment les chevaux de sport, des protocoles de suivi adaptés intégrant une surveillance des techniques de gestion du stress chez les chevaux peuvent compléter les mesures nutritionnelles.
Bon à savoir
L’estomac du cheval sécrète de l’acide en continu, même en l’absence de nourriture. Une distribution de foin à volonté ou des sorties régulières au pré constituent donc la meilleure protection contre les ulcères gastriques. Un suivi régulier permet également de détecter précocement ces affections, avant qu’elles n’atteignent un stade avancé nécessitant une prise en charge médicale intensive.
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Soins pour chevaux : trouvez le bon équipement
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Soins pour chevauxPrévention des maladies infectieuses
Limiter la propagation et protéger le collectif
Protocoles de quarantaine
L’introduction d’un nouvel animal dans un effectif existant est l’un des principaux facteurs de risque d’introduction de maladies infectieuses. La quarantaine est une mesure de biosécurité fondamentale qui consiste à isoler tout cheval nouvellement arrivé pendant une période d’observation — généralement de 14 à 21 jours — avant de l’intégrer au groupe. Durant cette période, l’animal est logé dans un espace dédié, sans contact direct ni indirect (partage de matériel, eau commune) avec les autres chevaux de la structure. Cette mesure permet de détecter d’éventuels porteurs asymptomatiques de maladies contagieuses comme la gourme (Streptococcus equi), la grippe équine ou la rhinopneumonie.
Un protocole de quarantaine rigoureux comprend également la réalisation d’examens cliniques à l’entrée et pendant la période d’isolement : prise de température quotidienne, surveillance des sécrétions nasales, de l’appétit et du comportement général. En cas de signe suspect, des prélèvements nasopharyngés peuvent être réalisés pour identification des agents pathogènes avant tout contact avec l’effectif principal. Ces précautions sont d’autant plus importantes lors des périodes de retour de concours, où les risques d’exposition sont multipliés.
Hygiène et désinfection des équipements
Le matériel de soins — brosses, licols, seaux, mangeoires, abreuvoirs — peut constituer un vecteur de transmission d’agents pathogènes entre chevaux si il n’est pas nettoyé et désinfecté régulièrement. Chaque cheval doit idéalement disposer de son propre équipement de base, clairement identifié et stocké de façon individuelle. Pour le matériel partagé, un protocole de désinfection entre chaque utilisation s’impose : nettoyage mécanique pour éliminer les matières organiques (qui inactivent les désinfectants), puis application d’un désinfectant adapté aux surfaces concernées. Notre guide sur comment assurer l’hygiène parfaite des équipements de soins équins fournit des recommandations détaillées à ce sujet.
La désinfection des boxes entre deux occupants est également une étape incontournable, en particulier en cas d’antécédent infectieux. Un nettoyage haute pression suivi d’une désinfection des surfaces avec un produit homologué, puis d’un temps de vide sanitaire d’au moins 24 à 48 heures, assure l’élimination de la majorité des agents pathogènes. Pour les situations d’urgence, disposer d’équipements de thérapie intensive fiables et maintenus en bon état de fonctionnement garantit une réactivité optimale lorsque la prévention n’a pu suffire.
- Isoler tout nouvel arrivant pendant au moins 14 jours dans un espace dédié
- Prendre la température du cheval en quarantaine au moins une fois par jour
- Ne pas partager brosses, licols, seaux ou tapis entre chevaux isolés et résidents
- Désinfecter les boxes après chaque occupation lors de retours de concours
- Tenir un registre sanitaire à jour pour chaque animal (vaccinations, traitements, résultats de coproscopie)
- Alerter immédiatement le vétérinaire en cas de fièvre, toux ou épistaxis dans l’effectif
- Limiter les visites extérieures en période d’alerte épidémique régionale
Prévention des maladies locomotrices
Préserver la mobilité pour un cheval performant et confortable
Soins réguliers des sabots
Les pathologies podales (fourbure, seimes, pourriture de la fourchette, abcès du pied) représentent une part importante des boiteries équines et peuvent, dans les cas sévères, compromettre définitivement l’aptitude au travail d’un cheval. La prévention repose en premier lieu sur un suivi régulier par un maréchal-ferrant qualifié : un passage toutes les 6 à 8 semaines permet de maintenir l’équilibre podal, de prévenir les déformations et de détecter précocement les signes de pathologies podales naissantes. La qualité des sabots est également influencée par l’alimentation : une supplémentation adaptée en biotine, méthionine et zinc peut améliorer la croissance et la résistance de la corne. Pour approfondir ce sujet, consultez notre guide sur l’entretien des sabots : techniques pour éviter les problèmes courants.
La fourbure mérite une attention particulière en raison de sa gravité potentielle et de sa fréquence dans certains contextes. Cette inflammation des tissus lamellaires du pied est souvent associée à un apport glucidique excessif (herbe jeune, céréales en excès), à une surcharge pondérale, ou à des affections systémiques comme le syndrome métabolique équin ou le syndrome de Cushing. La gestion du poids, la limitation de l’accès aux pâtures riches au printemps et en automne, et la surveillance régulière de la condition corporelle permettent de réduire significativement le risque de fourbure.
Importance de l’exercice et de l’activité physique
L’exercice physique régulier et adapté joue un rôle préventif majeur dans la santé locomotrice du cheval. Un animal qui bouge quotidiennement développe une meilleure minéralisation osseuse, une musculature plus solide et une meilleure proprioception, ce qui réduit le risque de tendinites, d’entorses et de fractures de fatigue. À l’inverse, un cheval sédentaire ou soumis à des pics d’effort après de longues périodes d’inactivité est particulièrement exposé aux blessures de surcharge. Le principe de progressivité dans la reprise du travail — notamment après une maladie, une blessure ou une période de repos prolongée — est fondamental pour protéger l’appareil locomoteur.
Le pansage quotidien est également un outil de prévention locomotrice souvent sous-estimé : cette pratique permet d’examiner l’ensemble du corps de l’animal à la recherche de plaies, d’œdèmes, de chaleurs articulaires ou de déformations qui pourraient signaler un problème émergent. Les techniques de pansage adaptées, décrites dans notre guide sur les techniques de pansage : les gestes à adopter pour un bien-être optimal, permettent de réaliser cet examen systématique tout en entretenant la relation homme-cheval. La détection précoce d’une chaleur articulaire ou d’un gonflement tendineux peut ainsi permettre une prise en charge rapide et éviter l’évolution vers une affection chronique.
| Pathologie locomotrice | Facteurs de risque principaux | Mesures préventives clés |
|---|---|---|
| Fourbure | Excès glucidiques, surpoids, syndrome métabolique | Contrôle du poids, limitation des pâtures riches, suivi vétérinaire |
| Tendinite | Surcharge, reprise brutale du travail, déséquilibre podal | Progressivité de l’entraînement, ferrure équilibrée, pansage régulier |
| Arthrose | Vieillissement, traumatismes répétés, déséquilibres articulaires | Exercice régulier modéré, alimentation adaptée, suivi radiologique |
| Pourriture de la fourchette | Humidité excessive, hygiène insuffisante des boxes | Litière sèche, curage quotidien, soins réguliers du maréchal-ferrant |
Pratiques à adopter au quotidien
La régularité comme premier médicament
La prévention des maladies équines n’est pas une série d’actions ponctuelles mais un engagement quotidien. Chaque journée constitue une opportunité d’observer, d’agir et d’ajuster. L’observation clinique quotidienne — posture, appétit, comportement, consistance et fréquence des crottins, état de la robe, présence d’écoulements — est la première ligne de défense contre l’évolution silencieuse de nombreuses pathologies. Un cheval qui mange moins que d’habitude, qui reste en retrait du groupe ou qui adopte une position anormale mérite une évaluation immédiate, même en l’absence de signe clinique évident.
La tenue d’un carnet de santé pour chaque animal est une pratique recommandée par les vétérinaires équins. Ce document, régulièrement mis à jour, recense les vaccinations, les traitements antiparasitaires, les résultats des bilans sanguins, les incidents médicaux et les observations quotidiennes. En cas d’urgence ou lors d’un changement de vétérinaire, il constitue un historique précieux qui facilite le diagnostic et l’adaptation des traitements. Pour les structures accueillant plusieurs animaux, un système de fiches individuelles ou d’un logiciel de gestion sanitaire est fortement conseillé.
Checklist quotidienne de prévention
🌅 Matin
- Vérifier l’appétit et la consommation d’eau
- Contrôler les crottins (quantité, consistance, odeur)
- Inspecter les membres : chaleurs, œdèmes, plaies
- Observer le comportement général et la posture
- Curer les boxes et renouveler la litière
- Nettoyer et remplir les abreuvoirs
🌙 Soir
- Second curage du box si nécessaire
- Pansage complet avec inspection de la robe
- Curer et examiner les quatre sabots
- Contrôler la prise de nourriture (foin distribué)
- Vérifier l’absence de signes respiratoires (toux, jetage)
- Noter toute anomalie dans le carnet de santé
📅 Hebdomadaire
- Désinfection des seaux et mangeoires
- Vérification et entretien du matériel de soins
- Contrôle du poids et de la condition corporelle
- Observation du comportement social en groupe
- Entretien des zones de pâture et ramassage des crottins
- Vérification du stock de produits de soins essentiels
Signaux d’alerte à ne jamais ignorer
Certains signes cliniques doivent conduire à contacter immédiatement un vétérinaire équin, sans attendre. Ces signaux d’alarme, bien identifiés par les professionnels, correspondent souvent à des situations où chaque heure compte pour le pronostic vital ou fonctionnel de l’animal. La formation du personnel d’écurie à la reconnaissance de ces signes d’urgence est un investissement essentiel pour toute structure équestre professionnelle.
- Colique : grattage du sol, regard en direction du flanc, sudation sans effort, absence de crottins
- Détresse respiratoire : dilatation des naseaux au repos, mouvements respiratoires abdominaux, cyanose des muqueuses
- Hyperthermie : température rectale supérieure à 38,5°C associée à de l’abattement
- Boiterie soudaine et sévère : refus d’appuyer sur un membre, chaleur articulaire intense
- Plaie profonde ou hémorragique : nécessitant une intervention chirurgicale ou des sutures
- Comportement neurologique : incoordination, convulsions, décubitus involontaire
- Absence totale d’alimentation : persisting plus de 12 heures sans cause identifiée
Dans les situations d’urgence sévère, notamment lors de crises respiratoires graves ou de septicémies, des équipements spécialisés comme une batterie d’urgence pour soins intensifs peuvent faire la différence dans les premières heures de prise en charge, en permettant de maintenir les équipements médicaux opérationnels même en cas de coupure d’alimentation électrique. Disposer d’une trousse d’urgence bien équipée et d’accès rapide à des ressources vétérinaires spécialisées constitue le complément indispensable à toute stratégie de prévention bien conduite.
Vers une approche globale et intégrée de la santé équine
Prévenir les maladies équines est un travail d’équipe qui implique l’éleveur, le vétérinaire équin, le maréchal-ferrant, le dentiste équin et les soigneurs au quotidien. Chaque intervenant apporte un regard spécialisé sur un aspect de la santé du cheval et contribue à l’édification d’un tableau clinique complet. Des visites de dentisterie équine régulières — souvent négligées — permettent de détecter des anomalies occlusales qui peuvent influencer l’alimentation, le port de la têtière et même la locomotion. Un équilibre dentaire optimal est un prérequis à une alimentation efficace et à une transformation correcte des aliments.
En synthèse, les indispensables pour les soins d’un cheval comprennent : un suivi vétérinaire régulier avec protocole vaccinal à jour, une alimentation adaptée et distribuée de façon fractionnée, un environnement propre et sécurisé, un programme de vermifugation raisonné, un suivi podal régulier par le maréchal-ferrant, une activité physique progressive et adaptée, et une observation quotidienne attentive des signaux que l’animal envoie. Cette approche holistique et préventive constitue la fondation de tout programme de soins équins sérieux, et s’inscrit dans la démarche globale décrite dans notre guide complet des soins pour chevaux.
Outil interactif
Calculateur — soins pour chevaux
2.0
%
7.5 – 12.5 kg/j
10.0 kg/j
100.0 mg
Outil interactif
Calculateur — soins pour chevaux
11.0 kg MS/jour
7.7 kg
3.3 kg
25 à 35 L/jour
100.0 mg (Ivermectine 0,2 mg/kg)
0.40 seringue(s) de 250mg
Tous les 8 à 12 semaines
Questions fréquentes sur les soins pour chevaux
Retrouvez ci-dessous les réponses aux interrogations les plus courantes des propriétaires et soigneurs équins.
À quelle fréquence faut-il faire examiner son cheval par un vétérinaire ?
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Combien de fois par jour un cheval doit-il être nourri ?
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Comment savoir si mon cheval est infesté par des parasites internes ?
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À quelle fréquence le maréchal-ferrant doit-il intervenir ?
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Comment entretenir correctement la litière d’un cheval en box ?
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Quels sont les signes précoces d’une colique chez le cheval ?
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Comment prendre soin du pelage et de la crinière d’un cheval au quotidien ?
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Comment adapter les soins d’un cheval âgé ou senior ?
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Tout ce qu’il faut pour prendre soin de votre cheval au quotidien
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